14 juillet 2009
Mon nouveau chez-moi sur la toile :)
Je ne suis plus trop active sur le blog pour le moment, je vous sous-marine toutes toujours autant, mais ne prend plus le temps d'écrire... pour cause, j'ai trouvé un lieu où je me sens très bien, un petit coin de paradis pour la maternante que je suis, un forum où je retrouve des mamans avec qui je partage mes doutes, mes histoires, mes opinions, où l'on est accueilli dans le respect et la gentillesse, soutenue dans des moments difficiles, du coup c'est là que j'y passe mon temps de toile principalement...
Mais je sais qu'il y a toujours quelques visites du blog et je vous remercie pour cela, j'espère très vite le remettre à jour, il y a toujours mon article "maternage" qui n'attend plus que deux thèmes "l'écharpe de portage" et "l'éducation non violente", mais c'est d'autant plus difficile que je m'en sors pas top top avec l'écharpe(enfin surtout sur le dos !) et que l'éducation, je suis en plein dedans donc difficile de prendre du recul !
Je songe surtout à restructurer un peu mon blog, peut-être changer la mise en page, je ne sais pas encore, pour le rendre moins fouilli, plus accessible, peut-être l'étayer de rubriques à la Marjo (mon idole de blog loool).
Pour ça faut du temps, et du temps, j'en ai pas trop pour le moment, le temps ici, est consacré au bonhomme avec qui nous explorons les méandres de l'éducation non-violente, à savoir ni fessée, ni claque, ni mots cailloux, une éducation dans la recherche d'un profond respect pour l'être qu'il est, dans la communication non-violente. Cela peut faire des miracles, mais c'est long et épuisant, je ne le cache pas, il serait si simple de lui mettre une bonne fessée, de le "mater" et le terroriser un bon coup, d'être bien autoritaire, l'affaire serait peut-être plus dans le sac, comme aiment me répéter certaines personnes, mais rien que d'y penser, j'ai envie de dégueuler, excusez-moi l'expression :D . Je suis très heureuse des choix d'éducation que nous faisons mon homme et moi, et je le lis dans les yeux de mon fils, je le sens dans ses câlins, il me montre si souvent que nous marchons sur une voie difficile mais qui nous apporte tellement beaucoup à tous...
A très bientôt j'espère, je vous embrasse toutes fort
Le maternage - Introduction et premiers préceptes du maternage
Maternage (le) n.m. Drôle de mot qui à première vue fait frémir les gens bien-pensants qui se morfondent déjà qu'on en fera des capricieux...
Le maternage est un sujet lourd et long !!! Pour vous dire, j'y travaille depuis mon dernier article ! Je lis, je lis, j'essaie de bien comprendre, j'essaie de trouver les mots pour régurgiter cela sans vous faire fuir, et c'est pas évident... Donc pour ne pas trop vous encombrer, je vais le scinder en différentes parties. Petit à petit, je mettrai les liens ici-mêmes de chaque article, ça sera moins lourd à lire, et cela me permettra de gagner encore du temps sur cet article (mouhahahaha) !
- Introduction et premiers préceptes du maternage
- Le cododo
- L'allaitement
- L'usage de l'écharpe de portage ou tout autre méthode visant à vivre collé à son bébé =P
- L'éducation non violente
+ quelques liens intéressants sur ce concept dans les différents articles
Introduction et premiers préceptes du maternage
Après l'éducation quasi-militaire qu'ont connu nos parents, après l'éducation laxiste du "je laisse mon enfant tout faire, je ne lui dis pas non sinon il ne s'épanouira pas", une nouvelle vague voit le jour depuis quelques années... On l'appelle le maternage. J'entends déjà les vieux de la vieille me dire que je vais faire de mon enfant un capricieux, que je vais trop le couver...
Pourtant le maternage est loin de tout cela. C'est loin du choix de "dresser" ses enfants, c'est infiniment loin du choix de laisser nos enfants tout faire sans les contredire. Le maternage, c'est juste faire le choix d'être une mère instinctive, c'est faire le choix d'envoyer balader tous ces conseils à la noix, tous ces principes qu'on reçoit. La maternage, c'est s'écouter et écouter son bébé. Ce n'est plus le choix d'éduquer ("dresser") mais d'accompagner son bébé. Ce sont tous des concepts qui révolutionnent quelques peu les principes sur lesquels le monde "civilisé" se base.
Le maternage commence bien souvent pendant la conception psychologique et la grossesse, mais parfois arrive plus tard, avec la naissance du bébé, comme je l'ai connu. Cela arrive souvent lors d'une première grossesse. Avant de commencer à m'étaler sur le maternage, je voulais vous faire partager mon expérience, comment j'en suis arrivée à choisir tout cela...
Jeune future maman, j'étais terriblement angoissée, j'avais l'impression que jamais je n'y arriverai, je lisais plein de livres pour "apprendre" à devenir une bonne mère. J'étais obnubilée par ce choix : tout faire pour être une bonne mère. C'est grâce à cela que j'ai décidé d'approcher le maternage en fait. Attention, je ne dis pas que quiconque n'applique pas le maternage est une mauvaise mère, un mauvais père. Je dis juste que pour ma part, ma recherche d'être une bonne mère, m'a amenée à pratiquer cela. D'autres sont d'excellents parents dans d'autres situations ou choix de vie, je ne suis pas là pour critiquer ;-) . Bref, je glanais mille et un conseils, j'écoutais sagement et attentivement tout ce qu'on me disait de faire. J'ai commencé à appliquer cela dès la naissance d'Arthur. Les conditions étaient optimales pour devenir quelque peu dépendante des conseils puisque j'ai eu une naissance très médicalisée (ô combien justifiée) et un séjour d'un mois avec la néo-nat. J'étais donc mue par les choix et les conseils des infirmières, ceux de mon entourage, et je prenais, je prenais tout. Puis j'ai enfin pris mon rôle de mère à temps plein avec le retour d'Arthur à la maison, et là ce fut terrible. Arthur me réclamait sans cesse, et moi je le laissais pleurer, je lui faisais "faire ses poumons", j'évitais "d'en faire un capricieux en le prenant trop vite à bras". Mais quelque chose a cloché. Ce quelque chose je le définirai par mon "coeur de mère". J'ai un coeur de mère très instinctif que j'ai camouflé par tous ces conseils (à la noix). Mais il a été plus fort, et à chaque pleur de mon fils, il me gueulait dessus. Je l'entendais me dire: "Non ! ce n'est pas comme ça que tu y arriveras !" . "Ecoute ton fils, il a besoin de toi". Un peu perdue, j'ai trouvé le courage de m'écouter et de changer d'attitude quand deux personnes ont (enfin) abondé dans mon sens. Le premier fut mon pédiatre. Quand je lui parlé qu'Arthur pleurait tout le temps qu'il ne passait pas dans mes bras, il m'a dit: "Un bébé ne fait pas de caprice. Un bébé n'a que des besoins et des angoisses. Il sort d'un univers chaud, doux, sans contrainte ni désagrément, bercé par votre voix, vos battements de coeur. En sortant de tout cela, il découvre le froid, le chaud, le mouillé, la faim, la solitude, le bruit. Tout un panel de choses qui l'angoissent. LA seule chose dont il a le plus besoin, c'est vous. Et tanpis si le reste traine, le plus important c'est de répondre vite à ses besoins, à ses pleurs, afin de le rendre plus confiant, donc plus épanoui". Enfin quelqu'un qui mettait des mots sur ce que mon coeur gueulait. La 2e personne est une amie, mère géniale de trois petits amours qui m'a aidée à comprendre tout cela, qui m'a prêté ma première écharpe de portage qui a permis à Arthur et moi de nous réconcilier et d'enfin nous comprendre. Je les en remercie infiniment.
Le maternage avant la naissance :
Avant la naissance, les premiers concepts qui définiront le maternage sont souvent la recherche d'un accompagnement de la grossesse autre que médical, comme la sophrologie. C'est aussi faire le choix d'un accouchement plus doux, plus physiologique que médicalisé. C'est se dire que ce petit bonhomme/petite puce n'a pas besoin de tant d'intrusion, de tant de médicalisation, mais d'une arrivée tout en douceur, dans le respect du processus naturel de naissance.
Un principe de base du maternage :
Un bébé n'est pas capricieux. Avant même de définir comment vous éduquerez votre enfant, ce principe se doit d'être connu de tous. Non, vous n'en ferez pas un capricieux parce que vous l'avez souvent contre vous. Non, le fait de ne pas pouvoir résister à ses pleurs, d'avoir envie tout de suite de le prendre dans vos bras, ne fait pas de vous une mère laxiste, qui lui passera tout une fois plus grand. Vous êtes simplement mue par votre instinct maternel. Parce qu'il existe ce fameux instinct maternel ! Si on le regarde d'un point de vue plus scientifique, il se traduit par une sacrée combinaison magique d'hormones, par un lien physique indéniable entre vous et ce petit être que votre corps a fabriqué. Votre corps, votre tête, vous êtes programmée pour prendre soin, protéger, répondre aux besoins de votre bébé. Or à la naissance et jusque plusieurs mois, votre bébé est totalement dépendant de vous. Il dépend de vous physiquement (faim, couches sales) mais il dépend également de vous psychologiquement. Pendant neuf mois vous avez cohabité ensemble, vous n'avez fait qu'un. Pour ce petit être, même après la naissance, vous restez une partie de lui, vous êtes là pour lui, pour le rassurer, l'accompagner dans ce nouveau monde. Comprendre cela permet de mieux comprendre son bébé, d'accepter ses pleurs, d'accepter de répondre à ses besoins au plus vite. Et toutes les mères qui appliquent ces principes, pourront vous démontrer le bien-fondé. Je n'en ai pas encore rencontré qui ait un bébé "capricieux". Par contre, je vois des bébés confiants, ouverts au monde sans angoisser.
Les préceptes généraux du maternage : cododo, portage de l'enfant, allaitement, éducation non-violente
1) Choisir d'être disponible envers son bébé
Apprendre à écouter son bébé, accepter ses pleurs comme une expression à part entière, répondre vite à ses besoins et surtout s'écouter et se faire confiance. Si vous ressentez le besoin d'être auprès de votre bébé, de le prendre contre vous dès les premiers pleurs, ne culpabilisez pas, vous n'en ferez pas un capricieux. Au contraire, en faisant cela, vous lui retirez ses angoisses, vous lui apprenez que quand il a un problème, il y a une solution, vous lui montrez que vous êtes là pour lui, que vous l'aimez. Le principe est simple : plus vous le laissez pleurer et plus il pleurera. Puis un jour, il arrêtera tout simplement puisqu'il ne recevra plus de réponses. Il perdra confiance en vous. Mais si vous répondez à ses pleurs rapidement, il saura qu'au moindre problème, il sera soutenu, aidé, accompagné. Ses pleurs se moduleront, seront moins intenses, vous les comprendrez facilement, instinctivement. Le bébé mis en confiance ainsi, sera plus serein, plus confiant envers le monde qui l'entoure.
Je vous file un lien vraiment intéressant sur les 7 choses que les parents doivent savoir sur les pleurs d'un bébé, ponctué d'une étude sur les pleurs d'un bébé avec réponse immédiate ou pas. C'est traduit en français, mais vous avez le lien de l'étude en anglais.
http://www.lllfrance.org/allaitement-information/doc/sears_pleurs.htm
La suite très prochainement !!!
07 avril 2009
Le maternage - Le portage
Le portage reprend toutes les façons de porter son enfant contre soi, dans une optique de sécurité affective, d'entretien du lien mère-enfant, le portage permet aussi tant à l'enfant de se sentir bien contre maman, sa première sécurité dans ce nouveau monde, que pour maman qui ressent les effets bénéfiques du peau à peau, et peut continuer à prendre part à la vie de la maison, en ayant les bras libres.
Depuis toujours les mères, les parents ont porté leur bébé, que ce soit les animaux, comme les hommes, il n'y a que depuis quelques dizaines d'années que dans notre société dite "civilisée", les enfants doivent être indépendants rapidement et cela, par une séparation physique des parents (rester dans son parc, dans son relax, dormir dans son lit, dans sa chambre). Il a pourtant été démontré que le portage renforçait la sécurité affective de l'enfant qui, une fois prêt, prenait son indépendance lui-même, sans qu'on l'y oblige. Une étude dans la revue Pediatrics fait état d'une réduction des pleurs des petits de presque de moitié (CLIC). De plus la position du bébé dans un système de portage (écharpe, chinado, ergo) est excellent pour la physiologie du bébé, dans le développement de ses hanches notamment (CLIC).
Les bienfaits du portage (selon le site portersonenfant.fr)
Dès la naissance
- Continuité naturelle avec la grossesse (notion de continuum)
- Permet au nouveau-né une adaptation en douceur à son nouvel environnement, favorise la stabilité de ses fonctions vitales et de sa température
- Aide la maturation du bébé à terme, comme du bébé prématuré (notion de gestation « externe » suite à la gestation raccourcie liée à l’évolution de notre espèce, probablement passée de 18 à 9 mois)
- Permet un peau à peau discret, le repos de la mère (que ce soit elle qui porte ou le père)
- Favorise l’attachement entre la mère et son enfant, ainsi que l’allaitement
- Facilite la digestion et l’évacuation de l’air dans le système digestif, diminue les problèmes de reflux
- Détente et bien-être, sentiment de sécurité, confiance (donc moins de stress et moins de pleurs)
Au cours du développement de l’enfant
- Stimulation de la tonicité musculaire
- Bon développement des hanches (prévention de la dysplasie) et de la colonne vertébrale
- Stimulation du système vestibulaire (orientation par rapport à la verticale et équilibre)
- Stimulation en douceur de tout le système sensoriel
- Découverte de l’environnement et des relations sociales avec un sentiment de sécurité, curiosité, imitation
- Intégration du bébé facilitée dans la famille et la vie quotidienne
Pour les parents
- Sentiment de compétence avec leur bébé
- Le parent, bien que connecté physiquement à son enfant, est moins centré sur lui mentalement et l’intègre plus facilement à ses activités quotidiennes
- Bras libres pour la vie quotidienne et familiale, voire pour le travail (commerçants, travail à la maison, ...)
- Plaisir, bien-être, proximité, détente
- Liberté de mouvement et d’action
Il existe différentes manières de porter son enfant, différents supports aussi, détaillons les : (je ne parlerai pas des porte-bébés classiques, ceux-ci répondant le moins au confort tant de la mère que du bébé)
L'écharpe de portage
Une des techniques les plus couramment utilisées, l'écharpe de portage rebute souvent les débutants, par son aspect technique difficile et certains ne semblent pas rassurés par celle-ci, pourtant très sécurisante. Souvent, une petite formation peut s'avérer utile pour ceux et celles qui n'y arrivent pas avec le simple mode d'emploi, on peut alors organiser une séance avec un association de maternage ou simplement avec une amie expérimentée ou ayant suivi elle-même la formation. Parfois juste connaître le noeud de base peut suffire à combler un/une débutante. (je détaillerai les principaux noeuds après)
Le Mei Tai ou Chinado
C'est une forme d'écharpe, beaucoup plus simple, composée d'un large tissu et de sangles rembourrées. Bébé est installé dans la partie large et les sangles viennent se nouer autour de maman. Le Chinado est plus rapide que l'écharpe, plus simple peut-être pour d'autres. La partie large est souvent décorée de jolies coutures et autres dessins.
Le sling
Le sling est une méthode simple et rapide de portage composée d'une écharpe courte et d'un anneau. Le système est asymétrique.
L'Ergo et le Manduca
Parfait mélange entre le porte-bébé classique et les systèmes de portage physiologiques. Il est composé des mêmes types de sangles que le porte-bébé mais l'assise du bébé est respectée au niveau de sa colonne vertébrale et de l'écartement des hanches.
Le portage et ses différents noeuds :
Le croisé enveloppé, poche visible
Le croisé enveloppé, poche en dessous
Le portage dans le dos - le sac à dos
Le portage dans le dos - Double hamac dos
Le portage dans le dos - Kangourou dos
Voilà, vous avez toutes les clés en mains pour goûter au plaisir du portage !
Je termine par quelques liens intéressants :
Une diapo sur le portage dans le monde
La bande-annonce du DVD Bien Porter Bébé
Bébé au naturel (vente en ligne d'écharpes)
Bébé-maman-nature (vente en ligne d'écharpes)
Le maternage - Cododo
Le cododo est une pratique, qui ici est encore fort décriée. Elle est, comme le maternage en général, montré du doigt car créatrice de "mauvaises habitudes" soi-disant. Pourtant... Si on s'ouvre sur le monde qui nous entoure, on se rend compte que le cododo est une pratique couramment utilisée dans beaucoup de sociétés. Au Japon par exemple, ils sont 64 % à partager le lit, en Afrique ils sont 94 % à le faire, pourtant ces sociétés ne développent pas plus d'enfants gâtés ou ayant de mauvaises habitudes ! En fait partager le lit avec son enfant est une pratique courante si on regarde le monde entier, il n'y a que dans nos sociétés dites "civilisées" que l'on estime que cela ne serait pas bon pour l'enfant et pour le couple. Mais cela est faux. Comme toujours, le plus important est de faire ce que l'on ressent le mieux. Certains couples ne peuvent supporter de partager le lit, et un cododo serait contraignant à leurs yeux, il ne faut donc pas y accéder si on n'est pas prêt à ça. Mais si cela vous tente beaucoup, il faut faire abstraction de ce qu'on pourrait vous dire. Un enfant cododoté ne sera pas un enfant empli de mauvaises habitudes, bien souvent, l'enfant prend lui-même son autonomie tout seul, une fois qu'il se sent prêt à dormir seul.
Les avantages du cododo :
Incontestablement l'allaitement est facilité. La mère a son bébé tout près d'elle, lorsque celui-ci réclame à manger, vous le prenez contre vous, lui donnez le sein, et bien souvent ni l'un ni l'autre ne se réveille complètement, cela vous facilite donc le sommeil, évite les aller-venues qui favorisent le réveil. Cela stimule beaucoup plus la lactation qui se mettra en place plus rapidement.- Bébé est rassuré, il ne fait pas l'expérience de se réveiller seul dans son lit, dans le noir, lorsqu'il s'éveille, la chaleur et la peau de sa mère sont proches, il est tranquillisé. Cela ajoute à son capital confiance et donc favorise son développement affectif.
- Cela évite souvent les apnées du sommeil. En effet un bébé cododoté dort couramment sur le dos ou le côté près de sa mère. Maman rejette du CO2 en respirant, cela augmente alors les mouvents respiratoires du petit, son organisme réagit à cette "invasion" de CO2, en le faisant respirer. C'est aussi sur cette base que l'on préconise le dodo sur le dos par rapport à la mort subite, un bébé sur le dos respirera une partie du CO2 qu'il vient de rejetter, son organisme réagira pour mieux le faire respirer.
- Lorsque l'on cododote, on reste en phase de sommeil léger, bébé comme maman. Pour bébé, cela évite les phases de sommeil profond trop prolongées, alors que son mécanisme de réveil n'est pas encore bien fait. Pour maman, cela crée en elle tout un mécanisme de protection naturel qui se met en place. En gros, maman dort mais pas complètement, inconsciemment elle aura toutes sortes de petits gestes pour s'assurer que bébé va bien (caresses, toucher) sans même s'en rendre compte. Très vite, bébé et maman vont se coordonner pour les phases de sommeil et s'éveiller ensemble tout naturellement.
Les différentes façons de cododoter :
Bébé dort dans le lit des parents :
Bébé dort dans un "demi-berceau" approprié qui s'installe contre le lit des parents :
Bébé dort dans son lit à lui, tout près du lit de papa et maman, oui ça peut être une forme de cododo ;-)
Les recommandations importantes pour pratiquer le cododo en toute sécurité :
- Ne pas consommer d'alcool ni fumer, en dormant, on rejette des vapeurs d'alcool ou de tabac, extrêmement nocifs pour bébé.
- Ne pas consommer de somnifères ou de médicaments qui favorisent la somnolence. Votre sommeil est radicalement différent dans ces cas-là et vous perdez les réflexes spontanés de protection que vous acquérez en sommeil léger de cododo. Sous somnifère, vous pouvez dormir tellement profondément que vous pouvez risquer de l'étouffer.
- Utiliser un matelas ferme, pas de lit d'eau ou de matelas pneumatique. Pas de couette, mais plutôt une couverture légère. Ou alors mettez bébé en gigoteuse au dessus des couvertures. Si la pièce est trop froide, veillez alors à ce que la tête soit bien dégagée pour ne pas risquer que bébé s'étouffe sous la couette. Pas d'oreiller non plus.
- Selon la façon dont vous placez l'enfant, veillez à ce que le lit soit bien positionné. En gros si vous cododotez dans votre coin et papa de l'autre côté, veillez à ce que le lit soit positionné tout contre le mur pour éviter une chute, le mieux étant à ce moment-là un lit futon par exemple, posé à même le sol.
- Pas de cododo dans un canapé, un fauteuil, la consistance n'est pas ferme, il y a plus de risques que l'enfant étouffe.
- Si papa a des phases de sommeil très agitées, préférez le cododo avec vous, bébé du côté du bord du lit (contre le mur !!). Si vous aussi, avez des problèmes de sommeil trop agités, ou des troubles du sommeil, préférez alors le "demi-lit" accroché au lit conjugal.
Et le couple dans tout cela ?
Les détracteurs du cododo vous mettront cela sur le tapis, forcément. Quand on cododote, les galipettes n'ont plus trop leur place dans le lit. Qu'à cela ne tienne, alors que souvent la sexualité a quelques difficultés à se remettre en place, le fait de sortir de la monotonie du lit, permet de réactiver le désir. On ne fait plus l'amour dans le lit conjugal mais on explore d'autres pièces, d'autres possibilités ;-) . En tout cas, les témoignages se recoupent souvent, cododoter ne tue pas la sexualité du couple !
Quelques liens sympas :
CLIC
CLIC
CLIC
Etudes sur la MSN et le cododo
Petit débat sur forum sur le cododo
Un papa raconte le cododo
Le maternage - L'allaitement
L'allaitement est à part entière. Il peut se mouler dans les concepts du maternage, comme il peut être pratiqué sans aucune envie de maternage. Mais bien souvent, lorsqu'on décide d'allaiter, on met déjà un pied dans les préceptes du maternage.
L'allaitement est, après la grossesse, la meilleure preuve que nous sommes faites pour concevoir, "fabriquer" un petit être. Durant toute la grossesse, notre corps se prépare tout doucement à ce qui suivra tout naturellement l'accouchement, à savoir nourrir notre enfant. Cet acte est un des plus naturels au monde et est ce qui fait fondamentalement de nous des mammifères.
L'allaitement a connu des hauts et des bas, beaucoup de bas il n'y a pas si longtemps de cela, et reprend la courbe vers le haut maintenant. L'OMS elle-même préconise l'allaitement exclusif jusqu'à 6 mois. Le lait infantile permet de pallier à l'allaitement mais indéniablement, il ne peut remplacer tout ce que le lait maternel produit. Il faut le savoir lorsque l'on choisit de ne pas allaiter. Il ne faut pas culpabiliser les mères non-allaitantes, mais elles doivent choisir en connaissance de cause.
Avant toute chose, ayez à l'esprit que la première chose bénéfique à votre allaitement est votre confiance en vous. Vous êtes capables d'allaiter (sauf contre-indications médicales, très rares), votre corps est fait pour allaiter. Si vous faillez à votre confiance en vous, forcément votre corps réagira en fonction. Si vous vous persuadez que vous n'avez plus assez de lait, votre corps finira par en produire moins ! Il est donc important de bien vous entourer, de bien établir vos choix et positions à votre entourage afin de ne pas recevoir de mauvais conseils ou de réflexions négatives sur votre allaitement. Même certains professionnels de la santé se disent pour l'allaitement mais à la moindre faille, vous proposeront un complément...
Les bien-faits de l'allaitement :
- Le lait maternel est adapté à votre bébé et à ses besoins. Il changera tout au long de l'allaitement pour toujours s'adapter aux poussées de croissance, aux besoins nutritionnels, etc. Il change même lors d'une seule tétée ! Clair et sucré en début, épais et riche en graisse à la fin.
- Les anticorps : en allaitant votre bébé, vous lui passez tous vos anticorps, vous le protégez d'autant plus ainsi. Rien que le colostrum (premier lait après accouchement, très épais, jaune, en toute petite quantité) regorge d'anticorps et autre. Souvent aux mamans non-allaitantes, je leur propose d'arrêter après le colostrum, afin de donner quand même un excellent départ dans la vie du petit amour.
- Le lait maternel ne favorise pas l'excès de poids. Bébé régule lui-même ses tétées, donc ne prend que ce qu'il a besoin.
- La facilité est aussi un bien-fait ! Toujours là, à portée de main (ou de téton), toujours à la bonne température. Pas de préparation, de chauffe-bibi, pas de déplacement pendant la nuit (souvent allaitement et cododo font la paire, ou bébé est dans son lit proche de maman). Et surtout, c'est gratuit ! Je prends mon exemple actuel. Une boîte de lait me coûte 17 € . On en achète une par semaine. 17 € X 52 semaines = 884 € d'épargne !
- Le lien : indéniablement un lien physique continue avec l'allaitement. Ce lien, bien sûr existe aussi avec les bébés biberonnés, mais toutes les mères allaitantes pourront témoigner de ce lien affectif, physique entre elles et bébé. Allaiter provoque aussi la libération d'endorphines, hormones du plaisir. Une mère qui allaite ressentira vite des effets de bien-être intérieur. Le climat hormonal autour de l'allaitement protège souvent des dépressions post-partums.
Les problèmes autour de l'allaitement et bien sûr leurs solutions :
- L'engorgement : L’engorgement est la congestion des vaisseaux mammaires entraînant un œdème du sein. En gros votre sein est gonflé et très sensible. Cela arrive au 3e jour à peu près après la naissance pour signifier la montée de lait, et cela peut survenir couramment lorsque l'on saute une tétée, ou lorsqu'on a trop de lait. La façon la plus simple de calmer un engorgement est de masser son sein pour faire extraire un peu de lait. Un jet de douche bien chaud peut également soulager le sein. Le meilleur est d'adapter l'allaitement à la demande et d'éviter de sauter les tétées de nuit (sauf si bébé dort toute la nuit) !
- La lymphangite/ la mastite : il s'agit d'un canal obstrué ou d'une infection du sein. Cela s'accompagne d'une montée de fièvre, de maux de tête, parfois de nausées. Contrairement aux idées reçues, il ne faut pas arrêter d'allaiter, votre lait ne sera pas mauvais pour autant ! Continuez plutôt à proposer ce sein mais pour éviter la douleur, proposez d'abord le sein non infecté jusqu'au réflexe d'injection, puis changez, ainsi bébé tètera moins fort et votre lait coulera déjà de lui-même.
- Les crevasses : Ce sont des petites lésions sur le mamelon, qui peuvent aller jusqu'à saigner. La première cause des crevasses est souvent une mauvaise position du bébé. Vérifiez aussi la langue du petit, parfois une petite anomalie (frein de la langue trop avancé) peut engendrer une mauvaise succion donc des crevasses. Vérifiez toujours que le bébé a bien le mamelon complet en bouche ou presque, s'il ne tète que le bout, vous risquez aussi les crevasses. En prévention des crevasses, pensez toujours après chaque tétée, à faire couler encore un peu de lait que vous appliquez sur le mamelon. Pendant une crevasse, après la tétée, vous pouvez appliquer un peu de votre lait sur un coton que vous appliquez 15 minutes et puis vous laissez sécher. Il ne faut pas que le mamelon reste sec, vous pouvez aussi employer de l'huile d'amande douce ou des crèmes adaptées.
- Le "manque de lait" : il arrive à certaines périodes que bébé réclame tout à coup beaucoup plus de tétées qu'avant. Ne vous inquiétez pas outre mesure, il passe simplement par ce qu'on appelle une phase de croissance. Elles surviennent généralement aux alentours de 10 jours, 3 semaines, 6 semaines, 3 et 6 mois (fonction aussi des bébés). Le fait de réclamer plus est bénéfique, cela permet à votre corps de savoir que bébé demande plus dans ses tétées et ainsi de modifier le lait pour correspondre à ses besoins. Souvent les mamans flanchent à ces périodes là, persuadées (bien souvent aussi par l'entourage) qu'elles n'ont plus de lait ou qu'il n'est plus nourrissant. C'est l'affaire de quelques jours et tout rentre ensuite à la normale, votre lait sera à nouveau abondant et correspondra aux besoins du bébé.
- Le réflexe d'éjection trop fort : contrairement à cité plus haut, des mamans se retrouvent avec trop de lait. L'éjection est trop forte, bébé s'étouffe, refuse le sein, a des coliques, laisse couler du lait sur le côté. Pour remédier, vous pouvez proposer le même sein pendant 2-3 tétées afin de calmer ce réflexe. Vous pouvez aussi tirer votre lait avant la tétée afin de calmer la phase d'éjection forte. Avec ce lait tiré, vous pouvez soit le conserver (10h à t° ambiante, 8 jours au réfrigérateur, 6 mois dans un congélo séparé à -18°), soit vous pouvez décider de l'offrir aux lactariums : pour les mamans françaises CLIC et pour les mamans belges CLIC CLIC.
Les positions pour allaiter :
Une image vaut bien tous les mots :)
A côté de cela, vous avez aussi la position couchée sur le dos :
Et la position assise :
Il y a aussi tout simplement VOTRE position, celle avec laquelle bébé et vous vous sentez le mieux :)
Quelques petits trucs et astuces :
- N'amenez pas votre sein au bébé, c'est le bébé que vous amenez vers votre sein.
- Soyez préventives avec vos mamelons, hydratez les bien (avec votre lait par exemple), même si vous n'avez pas de crevasse. La prévention, rien de mieux !
- Prenez toujours une position confortable, une tétée dure rarement 5 minutes, si vous êtes mal installée, vous souffrirez très vite de différents petits maux.
- Bébé doit prendre l'aréole entière dans sa bouche pour un bon allaitement.
- Une tétée se termine par bébé qui relâche le sein. Tant qu'il ne le fait pas, c'est qu'il mange encore, le lait se modifie au cours d'une tétée, si vous le retirez trop vite, il ne prendra pas tout ce qu'une tétée peut lui donner comme nutriment.
- Allaiter à la demande favorisera plus vite la mise en route. Vous pouvez essayer de respecter un horaire en espaçant les tétées de 2h, mais pendant les période de croissance, cet horaire sera bouleversé ;-) .
- Les petits trucs pour booster le lait : le malt (pensez à l'ovomaltine, riche en malt et très bon!), le fénugrec sous forme de gélules ou de tisanes, le fenouil et l'anis vert, entre autres...
L'allaitement et le travail :
Il faut savoir que travailler n'empêche pas d'allaiter.
- Vous pouvez avoir droit au congé d'allaitement. Il est important de voir auprès de votre organisme, entreprise si vous pouvez prendre ce congé. Certains emplois vous permettent de le faire, comme par exemple lorsqu'il représente un risque pour votre santé ou celle de l'enfant (produits dangereux entre autre). Sinon, il faut vous arranger avec votre employeur, vérifier dans la convention si cela est possible, mais bien souvent ce n'est pas rémunéré (congé sans solde).
- Si vous ne pouvez pas prendre un congé d'allaitement, vous pouvez vous tourner vers le congé parental. En Belgique, il peut se prendre en trois mois (fractionnable mois par mois) ou en réduction de temps de travail.
- Vous pouvez avoir droit à des "pauses d'allaitement", il s'agit d'une "pause" d'1/2 heure par 4h de travail (+ ou -) pour allaiter votre enfant ou pour tirer votre lait. Les pauses ne sont pas rémunérées mais vous avez droit à la mutuelle.
- Vous pouvez continuer à garder la tétée du matin et du soir. Le mieux, c'est d'arriver à dépasser les 4 mois d'allaitement, c'est à partir de ce moment là que votre allaitement se mettra bien en place, que vous aurez pris vos habitudes l'un et l'autre. Si vous en avez la possibilité, continuez l'allaitement jusque 5-6 mois, période où vous introduirez la diversification. Ainsi à la reprise du travail, vous conservez la tétée du matin et du soir et bébé est diversifié le reste de la journée ;-).
L'allaitement, mythes et idées reçues :
- Je ne produis pas assez de lait. Faux et archifaux ! Votre corps est conçu pour nourrir votre petit. Sauf contre-indication ou problème médical rares, vous produirez toujours assez de lait pour nourrir le petit. Pourtant vous entendrez souvent les gens dire ça, envoyez-les valser, cela ne ferait que vous faire douter et si vous commencez à douter, alors là vous pourrez effectivement vivre une baisse de lait, car votre corps réagira avec votre pensée.
- Mon lait n'est pas bon parce que trop clair/ trop jaune / trop gras / etc (biffer la mention inutile). Faux ! Votre lait se modifie constamment, donc forcément il ne peut pas être toujours blanc et liquide comme un lait artificiel ;-)
- J'ai de trop petits seins / les mamelons trop plats donc je ne pourrais pas allaiter. Faux ! Vos seins produisent le lait au moment de la stimulation, ce ne sont pas des sacs à lait ! Donc on peut avoir des petits seins et pourtant allaiter longtemps. La forme des mamelons ne changent rien, le petit prend le mamelon complet dans la bouche et par sa tétée va stimuler le mamelon pour le faire ressortir. C'était mon cas, alors je parle en connaissance de cause !
- Bébé allaité n'a pas besoin d'eau supplémentaire, le lait en est riche, et le nombre de tétée l'hydrate suffisament, même par temps chaud.
- Il faut peser son bébé entre les tétées / tirer son lait pour voir la quantité qu'il boit. Bref, doute sur le poids. Faux ! Peser votre bébé ne ferait que vous faire douter (doute = baisse de moral = baisse de lait), un bébé allaité prend du poids. Comme tout bébé est différent, tout bébé ne prend pas autant de poids qu'un autre. Le fait d'être allaité, fait que bébé ne prend que ce dont il a besoin. Un bébé au lait artificiel prendra un bon poids car sa ration n'est pas personnalisée, il reçoit donc plus facilement "en trop" qu'un bébé allaité. Un bébé avec un bon poids n'est pas forcément un bébé en bonne santé, veillez à tout le reste autour (gaité, sourires, bon teint, plein de vie ;-) ). Tirer votre lait pour vérifier la quantité ne sert à rien, tout simplement parce qu'un tire lait ne stimule pas (même s'ils sont de plus en plus performant) le sein comme le bébé. Donc celui-ci répondra conformément à la stimulation du tire-lait et pourra peut-être produire moins qu'au moment d'une tétée...
- Bébé grandit, je vais arrêter l'allaitement. Pourquoi ? Posez vous cette question, pourquoi arrêteriez-vous l'allaitement ? Parce qu'il devient trop grand? Pourtant il vient toujours près de vous pour sa tétée. La société actuel préconise l'allaitement, et pourtant on est montré du doigt dès que bébé paraît un peu "trop" grand (selon, c'est après 3 mois, 6 mois, 1 an, ça dépend qui le pense :D). Dans de nombreuses autres sociétés, bébé/petit enfant est allaité encore après la 1ère année. Le lait continue de se modifier et continuera à répondre aux besoins du petit. Donc n'arrêtez pas l'allaitement simplement parce qu'on vous fait la réflexion que le bébé est trop grand. C'est selon vous, et selon lui surtout ;-) . Certains petits prendront vite leur indépendance, vers 1 an, ils se détachent eux-mêmes du sein de leur mère, parfois ceux-ci réclameront encore après 2 ans. Gardez à l'esprit que c'est la société qui vous dicte quand arrêter, mais pas vous ni bébé ;-) .
- J'allaite donc il y a certains aliments que je dois éviter. C'est faux. Il faut juste garder une alimentation saine et équilibrée et garder à l'esprit qu'on dépense beaucoup de calories à allaiter, donc qu'il faut les compenser en mangeant bien et équilibré. Mais si vous avez des allergies ou que vous soupçonnez des risques d'allergies, vous pouvez éviter les produits à risque. Il va s'en dire que consommer de l'alcool ou fumer reste nocif pour le petit aussi en période d'allaitement. Vérifiez aussi les médicaments.
- Il n'y a pas de confusion sein/tétine. Faux ! La tétine est radicalement différente que le mamelon. L'arrivée de lait n'a presque pas besoin de stimulation, tandis que le petit doit stimuler le mamelon pour lancer la tétée elle-même. Lui donner un biberon risquerait de l'habituer à la "facilité" de l'arrivée de lait et donc risquer qu'il ne tête plus suffisamment fort pour stimuler le sein. Si vous décidez de passer à un allaitement alterné (sevrage par exemple), pensez aux biberons qu'on fait maintenant avec des tétines plus ressemblantes au téton (CLIC), ils sont mieux conçus pour éviter de "casser" l'allaitement ;-)
Allaiter dehors, en public :
- Pensez toujours à avoir un vêtement facile, ouvert par des boutons par exemple. Cela vous évitera de vous déshabiller complètement.
- Vous pouvez utiliser l'écharpe de portage qui vous permettra de porter votre bébé et de l'allaiter tout autant, beaucoup de personne ne remarquent même pas alors que vous êtes en train d'allaiter.
- Vous pouvez aussi vous couvrir d'une petite couverture douce, tant que bébé sait encore respirer :=P
- Vous pouvez aussi faire un immense sourire plein de dents aux personnes qui vous dévisagent apparemment dégoutées parce que vous nourrissez votre enfant ;-)
L'allaitement on pourrait en parler encore pendant des heures, et il y a des sujets que je n'ai pas abordés (césarienne, prématurés, etc) mais plus que des mots, voilà quelques images, qui moi me mettent la larme à l'oeil... CLIC
Quelques liens sympas :
CLIC
CLIC
Leche League France et Leche League Belgique
CLIC
Conseils pour faire foirer un allaitement (humour)
Et puis une planche de Melaka (dessinatrice), reine de l'allaitement lol
26 décembre 2008
A tous ceux qui disent ...
... "il faut le laisser pleurer"
... "ça va lui faire les poumons"
... "tu vas en faire un capricieux"
Voilà un texte à lire et à méditer...
Extrait du livre "le concept du continuum" de Jean Liedloff, 1977
"Dans les cliniques d’accouchement du monde occidental, il n’y a guère d’espoir de se faire consoler par les louves. Le nouveau-né qui réclame par tous les pores de sa peau le contact originel avec un corps doux et mou qui irradie la chaleur est enveloppé dans un lange sans vie. Il peut crier aussi fort qu’il veut, on le met dans une boîte où il est abandonné à un vide torturant et où il n’y a aucun mouvement (pour la première fois depuis l’origine de son existence physique , depuis des millions d’années de son évolution ou de sa félicité éternelle dans l’utérus). Le seul bruit qu’il puisse percevoir, ce sont les hurlements d’autres victimes qui souffrent les mêmes indicibles tortures infernales. Ce bruit ne peut rien signifier pou lui. Il hurle et hurle tant qu’il peut ; ses poumons qui ne sont pas habitués à l’air s’épuisent sous le poids de ce cœur désespéré. Personne ne vient. Comme, de par sa nature, il croit que la vie est juste, il fait la seule chose qu’il puise faire : il continue de hurler. A la fin il s’endort, à bout de forces – toute une vie plus tard, hors du temps. Il s’éveille dans l’angoisse inconsciente du silence, de l’immobilité. Il pleure. Il brûle de besoin de la tête aux pieds, de désir, d’impatience insupportable. Il ouvre la bouche pour respirer et hurle, jusqu’à ce que le bruit remplisse son crâne, qu’il soit prêt à éclater. Il crie jusqu’à ce que la poitrine lui fasse mal, que sa gorge soit en feu. Il ne peut plus supporter la douleur ; ses sanglots s’affaiblissent puis s’arrêtent. Il écoute. Il ouvre et ferme les poings. Il tourne la tête d’un côté puis de l’autre. Rien n’y fait. C’est insupportable. Il recommence à hurler, mais sa gorge est trop fatiguée ; bientôt il s’arrête à nouveau. Il raidit son petit corps torturé de dé&sir et il perçoit un soupçon de soulagement. Il remue les mains et gigote. Il s’arrête, capable de souffrir, mais incapable de penser, incapable d’espérer. Il écoute. Puis il se rendort. Brusquement on le soulève ; l’attente de ce à quoi il devrait avoir droit se manifeste à nouveau. On enlève le lange mouillé. Soulagement. Des mains vivantes touchent sa peau. On le soulève par les pieds et on remet entre ses cuisses un autre morceau d’étoffe sec comme du caillou et inerte. Immédiatement, c’est encore comme s’il n’y avait jamais eu ces mains, ni le lange mouillé. Il n’y a pas de souvenir conscient, pas trace d’espoir. Le bébé se trouve dans un vide insupportable, hors du temps, dans l’immobilité et le silence, plein de désir infini et inassouvi. Son continuum essaie les mesures de sécurité, mais elles sont toutes uniquement propres à pallier de petites défaillances dans un traitement par ailleurs adéquat, ou bien demander un soulagement à quelqu’un dont on présume qu’il l’apportera. Pour le cas extrême qui se présente, le continuum n’a pas de solution. La situation dépasse son expérience pourtant immense. Depuis quelques heures à peine qu’il respire, le bébé a déjà atteint par rapport à sa nature un degré d’aliénation dont même son puissant système de sécurité ne peut plus le sauver. Le séjour dans la matrice maternelle a été selon toute vraisemblance le dernier dans cette atmosphère de bien-être ininterrompu où, selon l’attente qui lui est innée, il aurait dû passer toute sa vie. Toute sa nature se fonde sur l’idée que la mère se comporte de façon adéquate et que les motivations et les actes qui en résultent d’une part comme de l’autre seront tout naturellement dans un rapport de réciprocité qui les servira l’un comme l’autre. Quelqu’un vient et le soulève délicatement. Le bébé s’anime. On le prend certes trop timidement à son goût ; mais au moins il y a du mouvement. maintenant il se sent à la bonne place. Toute l’angoisse mortelle qu’il vient de traverser n’existe plus. Il est couché dans des bras qui l’entourent ; et bien que sa peau ne retire aucune impression de douceur du contact avec l’étoffe, rie qui annonce la proximité d’une chair vivante, les mains et la bouche lui disent que tout est normal. La joie de vivre, qui est l’état normal du continuum est presque parfaite. Il y a le goût et la structure du sein, le lait chaud coule dans sa bouche avide, il y a ce battement de cœur qui aurait dû être la liaison, garantir le lien avec le corps maternel, ses yeux qui y voient à peine perçoivent un mouvement. Le ton de voix aussi est bon. Il n’y a que l’étoffe et l’odeur (sa mère met de l’eau de Cologne) qui font qu’il manque quelque chose. Il tête et quand il se sent rose et repu, il tombe dans la somnolence. Au réveil, il est de nouveau dans l’enfer. Pas de souvenir, pas d’espoir, pas de pensée qui puisse lui rappeler dans le dessert de son purgatoire le réconfort de la visite auprès de sa mère. des heures passent, et des nuits, et des jours. Il pleure, il se fatigue, il s’endort. Il s’éveille et mouille ses couches. Maintenant il n’en éprouve plus aucun bien-être. A peine ses organes internes lui ont-ils communiqué le plaisir du soulagement que celui-ci est à nouveau supplanté par une douleur croissante quand l’urine chaude et acide attaque son corps déjà irrité. Il hurle. Ses poumons épuisés ont besoin de hurler pour couvrir cette brûlure aiguë. Il hurle jusqu'à ce que la douleur et les hurlements l’épuisent, avant qu’il s’endorme à nouveau. dans sa clinique qui ne constitue en rien une exception, les infirmières qui ont beaucoup de travail changent les langes à heures fixes qu’ils soient encore secs, humides ou complètement trempés ; et les enfants ont le corps tout irrité quand elles les renvoient à la maison où il y aura quelqu’un qui aura le temps de faire ce genre de choses et qui les guérira. Lorsqu’on l’emmène à la maison de sa mère (on ne peut guère dire que ce soit chez lui), il est déjà tout à fait au courant de la nature de l’existence. A un niveau préconscient qui déterminera toutes ses impressions ultérieures de la même manière qu’il sera réciproquement marqué par elles, il sait que la vie est indiciblement solitaire, sans réaction à aucun des signaux qu’il peut émettre et pleine de souffrance. Mais il n’y a pas encore renoncé. tant qu’il y aura de la vie en lui, les forces de son continuum essaieront toujours de retrouver leur équilibre. la maison ne se différencie guère de la clinique d’accouchement, si ce n’est pour l’irritation de la peau. les heures où il est éveillé, l’enfant les passe dans la nostalgie, le désir et l’inlassable attente de l’état « adéquat » qui selon le continuum devrait remplacer le vide et le silence. Pendant quelques minutes par jour son désir est satisfait et ce besoin de contact, ce besoin qu’on le porte et qu’on le promène, ce besoin effroyable qui le démange constamment est comblé. Sa mère fait partie de celles qui, après bien des élucubration, se sont décidés à autoriser à l’enfant l’accès à leur sein. Elle aime d’une tendresse encore jamais connu. Au début, elle a de la peine à le recoucher après la tétée, surtout parce qu’il hurle si désespérément. mais elle est persuadée de devoir le faire car sa propre mère lui a dit (et elle est bien placée pour le savoir) que plus tard il serait mal éduqué et lui ferait des difficultés si elle lui cédait maintenant. Elle veut tout faire comme il faut ; et pendant un instant elle sent que la petite vue qu’elle tient dans ses bras importe plus que tout au monde. Elle soupire et le repose tout doucement dans son berceau capitonné de tissu avec des petits canards jaunes, assorties à toute la pièce. Elle s’est donné beaucoup de mal pour mettre des rideaux en coton, un tapis en forme de panda géant, une table de toilette blanche, une baignoire et une table à langer. Il fallait aussi du talc, du savon, de la crème, du shampooing et une brosse à cheveux - le tout dans des tons de bébé. Au mur, il y a des images de bébés animaux habillés en hommes. La commode est pleine de petites chemises, de barboteuses, de petits chaussons, de petits bonnets, de gants et de langes. Dans l’angle sur le dessus il y a un mouton en laine et un vase de fleurs - des fleurs que l’on a coupées, parce que la maman « aime » aussi les fleurs. Elle tire sur les bords de la petite brassière et couvre le bébé d’un drap brodé et d’une couverture qui porte ses initiales. Elle la regarde avec une certaine satisfaction. On n’a rien négligé pour que l’aménagement de la chambre du bébé soit parfait, même si par ailleurs le jeune couple ne peut pas encore s’acheter tous les meubles qui sont prévus pour les autres pièces. Elle se penche sur l’enfant et dépose un baiser sur cette joue soyeuse ; puis elle se dirige vers la porte alors que le premier hurlement de torture lui transperce le corps. Elle ferme tout doucement la porte. Elle lui a déclaré la guerre. Il faut que sa volonté l’emporte. A travers la porte elle entend des cris, comme si l’on torturait quelqu’un. Son continuum les identifie en tant que tels. La nature ne donne pas de signe sans équivoque voulant dire que l’on torture quelqu’un quand ce n’est pas vraiment le cas. Elle hésite. Son cœur se sent attiré vers lui, mais elle résiste et s’en va. Elle vient juste de le changer et de lui donner à téter. Elle est donc sûre qu’en réalité il ne lui manque rien, et elle laisse pleurer jusqu'à épuisement. Il s’éveille et se remet à hurler. Sa mère jette furtivement un coup d’œil par la porte pour s’assurer qu’il est couché comme il faut : tout doucement encore, pour que l’attention qu’elle lui manifeste n’éveille pas de faux espoir, elle referme la porte. Elle se précipite dans la cuisine pour faire son travail, elle laisse la porte de la cuisine ouverte pour entendre le bébé « si jamais il lui arrivait quelque chose ». Les hurlements de bébé se changent en plaintes chevrotantes. Comme personne ne répond, le mécanisme qui active ses signaux se perd dans la confusion du vide sans vie, alors que le réconfort aurait dû venir depuis longtemps. Il regarde autour de lui. Au-delà des barreaux immobiles et le mur. Il perçoit des bruits qui n’ont aucun sens, provenant d’un monde lointain. Près de lui, tut est calme. Il regarde le mur, jusqu'à ce que ses yeux se ferment. Lorsqu’il les rouvre, plus tard, les barreaux et le mur sont toujours exactement pareils, mais la lumière est encore plus triste."
04 décembre 2008
Allo, première frayeur, j'écoute...
Vous avez déjà vécu ça? Vous savez cette première vraie grosse frayeur que votre petit monstre vous fait? Celle où votre coeur s'arrête de battre, où vous ne respirez plus tellement la panique s'empare de vous? Et bien, je l'ai expérimentée lundi dernier... Je vous raconte tout ça, pour me faire du bien et pour permettre aux parents paniqués de reconnaître peut-être la situation qu'ils ont vécu...
Nous étions donc lundi soir, il était 18h15 précisément, je le sais car on s'est dit à ce moment-là, dans 1/4h on lance le bain d'Arthur. Monsieur le monstre se balade comme à son habitude en se tenant à tout ce qui tient plus ou moins debout, ici le fauteuil. En l'espace d'une seconde, voilà pas qu'il se ramasse par terre, il tombe en arrière et son dos et le plat de l'arrière de sa tête en prennent pour leur grade en premier. Un premier gros pleur, nous nous précipitons, habitués maintenant à ce genre de mini-catastrophe que le bonhomme nous fait minimum une fois par jour. Le pleur est long, papa le tient à bras, et puis là, d'un coup, Arthur se tend d'un coup comme un gros spasme, Jérôme panique, le petit est raide et sort de ses bras, je rattrape mon fils tout juste et dans mes bras, j'ai juste le temps de le voir tourner de l'oeil (c'est littéral, ses yeux se sont révulsés !) et tomber dans les pommes. Cela ne dure qu'une seconde et tout de suite, Arthur est de nouveau parmi nous, sonné mais présent. Moi je ne peux plus déserrer mon étreinte, mon fils dans les bras, je hurle à Jérôme d'appeler une ambulance, je cours pour appeler les voisins pour qu'ils nous emmènent aux urgences avant de me reprendre en voyant mon fils conscient. Nous attendons l'ambulance, mon homme dehors en train de fumer une cigarette (et de cacher ses larmes) et moi tremblante, mon fils scotché dans mes bras, je lui dis de ne pas nous lâcher, je lui murmure mille je t'aime. Arthur me regarde, il ne bouge pas, mais ses yeux me montrent qu'il est bien là et qu'il m'écoute. Arrivés aux urgences, le bonhomme a repris tous ses esprits et est en pleine forme... Une nuit passée sous surveillance monito pour vérifier le risque de commotion (très minime au vu de la hauteur mais mieux vaut prévenir...). J'ai la chance de trouver mon pédiatre en train de faire sa ronde le lendemain matin, il m'explique que le petit a sûrement fait un malaise vagal mais je ne comprends pas tout ce qu'il m'explique, et je l'associe encore à ce coup à la tête. Après une longue attente, une prise de sang et un électro-cardiogramme excellents, nous rentrons chez nous, encore un peu sonnés et angoissés. Petites recherches sur internet et je comprends enfin ce que mon fils a fait, ce qu'est "un malaise vagal".
Petite carte d'identité du malaise vagal :
- C'est un évanouissement provoqué par un choc physique ou émotionnel voire un caprice. Il est souvent connu chez les petits sous le nom de "spasmes du sanglot". Parfois un enfant pleure tellement fort qu'il en perd le souffle. Le corps opère alors une sorte une déconnection afin qu'il retrouve son souffle et ses esprits.
- Malgré son caractère hyper impressionnant, le malaise vagal n'a rien de grave, c'est au contraire une réaction positive qui permettra à l'enfant de reprendre ses esprits. Il est donc important de rester calme (facile à dire quand c'est la première fois !). Pourquoi ? Parce que ce malaise peut s'étendre jusqu'aux 5-6 ans de l'enfant et que si celui-ci ressent la peur des parents, il pourra utiliser ce malaise comme moyen de pression lors d'un caprice (pourra déclencher spontanément la crise), je ne sais pas trop si cela est possible, c'est ce que disent les pédiatres, je suis un peu sceptique et préfère dire : gardez votre calme pour rassurer le petit sur ce qu'il vient de vivre.
- Trucs et actuces : lorsque vous sentez cette crise arriver, restez calmes, allongez l'enfant ou prenez le dans vos bras (le plus gros danger du malaise est la chûte), parlez-lui, tapotez sa joue mais surtout ne le secouez pas. Trois choses marchent assez bien, d'après les parents expérimentés : le brumisateur sur le visage - le gant de toilette froid sur le visage - si rien sous la main, soufflez doucement vers sa bouche pour créer un réflexe d'inspiration.
- C'est terriblement effrayant et angoissant pour les parents mais généralement sans gravité chez l'enfant, sauf si cela se reproduit souvent, dans ce cas, on fera quelques examens supplémentaires pour déceler notamment une forme d'épilepsie.
Pour plus d'informations : clic clic clic clic clic et un dernier clic d'un témoignage d'une maman avec une approche comme je les aime :)
Voyez, j'ai survécu, donc vous survivrez aussi !
28 octobre 2008
Récit de naissance magnifique
Voici un récit de naissance à domicile magnifique, et, avec l'accord de son auteur, je tenais à vous le faire partager. C'est assez long, mais comme moi, vous devriez plonger dans le récit, car il est magnifiquement écrit. Il résume ce que beaucoup de femmes, hélas, vivent avec l'industrie à bébés que sont nos maternités à notre époque, décrit le choix tant contesté qu'elle a décidé de faire et nous relate chaque moment, chaque sentiment de ce bout de chemin de vie qui donne aux femmes l'exclusivité de toucher durant un moment à l'originel de notre existence. Texte emprunté sur le forum Doctissimo, écrit par Emilie.
La naissance de ma fille Lyla ou comment j’ai appris la patience
La blessure hospitalière
Le grand frère de Lyla, Louis, est né le 27 octobre 2006, a la
maternité de l’hôpital de St Nazaire. Malgré les bons échos que j’avais
eus et que j’ai encore de cette maternité, je garde un souvenir
catastrophique et très éprouvant de l’accouchement et du séjour. Je me
suis sentie tout simplement détruite et violée par un protocole médical
froid, distant et infantilisant. Pour d’autres femmes, c’est ce qui
les rassure. Je dois avouer cependant que d’un point de vu strictement
médical, la naissance de Louis a été naturelle mais sans être
physiologique :
- Naturelle parce que le travail s’est déclenché spontanément, que
la poche des eaux n’a pas été rompue, que je n’ai pas eu d’injection
d’ocytocine, ni péridurale, ni d’épisiotomie (après menaces de procès,
insultes et un coup de pied bien placé …mais j’y ai tout de même
échappé). Enfin, Louis n’a pas été sondé, ni aspiré.
- Pas physiologique parce qu’une voie veineuse m’a été imposée,
parce qu’on m’a empêchée de manger et boire, parce que sur 2h de
travail, un monitoring continu de 50 minutes m’a été imposé, parce que
mon besoin de calme, de pénombre et de chaleur n’a pas été respecté
(touchés vaginaux a répétition sans me prévenir, lumière vive, entrée
et sortie des soignants sans aucune discrétion), parce que n’étant bien
qu’à quatre pattes ou sur le coté, on m’a forcé physiquement a mettre
mon enfant au monde sur le dos, les pieds dans les étriers, parce qu’on
m’a parlé de la péridurale tout au long de la dilatation alors que je
voulais juste qu’on me fiche la paix, parce qu’après une sortie rapide
et naturelle du placenta, il était de routine de me presser le ventre
très fort sans même me prévenir ou s’interroger sur la nécessité
médicale de ce geste, qui après vérification était bien inutile. Louis
a été pesé, mesuré, lavé et habillé dans la demi heure qui a suivi sa
naissance même si j ai tout de même eu droit à un petit peau a peau de
15 minutes.
- Enfin, je ne compte plus les faux conseils le manque de
discrétion, les betises et les réflexions déplacées dispensés par tous
les soignants de cette maternité tout au long de mon long séjour de 5
jours interminables. Tous partaient d’un postulat simple : « C’est
votre premier bébé, vous ne SAVEZ pas, nous si. ».
En quête de la magie de la naissance
Voilà comment, d’après un ressenti très personnel, j’estime
que cet instant magique a été transformé en une épreuve traumatisante.
J’en ai donc déduis très naturellement qu’un accouchement en structure
n’était pas fait pour moi, ni mes bébés.
Après avoir réalisé à quel point j’étais blessée de cette
expérience (Louis avait 4 mois je crois), je n’ai eu de cesse de faire
des recherches (Internet, lectures, échanges avec d’autres parents,
avec des soignants) pour savoir s’il existait un autre moyen de donner
la vie, ou si j’étais condamnée a mourir un peu a chaque fois qu’un
petit être viendrait agrandir notre famille.
J’ai entendu parler de l’AAD (Accouchement accompagné à domicile)
tout en découvrant une toute autre façon de vivre sa parentalité : le
portage, l’allaitement long, l’éducation non violente…Il a fallu y
convertir celui qui partageait ma vie depuis 7 ans et ce ne fut pas une
mince affaire. Mais devant mes blessures passées, ma volonté de vouloir
donner le meilleur a ceux qui nous sont le plus chers –nos enfants- et
ma ténacité, il a finit par saisir le véritable enjeu de tout ce
travail de recherche et de remise en question : réparer ce traumatisme.
C’est ainsi que lorsque Louis eu fêté son premier
anniversaire, j’ai demandé à Antoine (mon mari) de me faire un autre
enfant. Mes motivations étaient floues : était-ce seulement pour me «
guérir » ? Est-ce que lui était prêt ? Et si Louis était encore trop
petit ? La seule chose que je savais, c’est qu’au fond de moi, cet
appel de la maternité, de la chair me retournait les entrailles. Il
était temps pour mon corps de fabriquer a nouveau un tout petit.
Les essais ne furent pas longs et au cours de mon premier
cycle, j’étais a nouveau enceinte. J’étais un peu scotchée et surprise.
Comment était-ce possible si vite ? Antoine était aussi surprit que moi
et un peu désappointé. Mais ce bébé était déjà là, en moi, nous ne
pouvions plus reculer.
Après la joie, se sont succédés comme pour ma première grossesse,
les maux, qualifiés de petits par une grosse majorité du corps médical
: nausées, vomissements, fatigue extrême, constipation…et pourtant
j’avais pris le parti d’être heureuse pour cette grossesse. Sans cesser
de me plaindre de ces symptômes, parasites de mon bonheur, j’ai tout de
même eu une grossesse très sereine.
Mettre au monde, une histoire de femmes
Cette sérénité est due au rôle capital qu’à joué une femme
dans cette superbe aventure : Bernadette. C’est la maman d’un ami.
Jeune adulte, j’ai vécu chez elle quelques mois quand je me suis
envolée en peu précipitamment du nid parental, devenu trop étroit pour
mes envies irrépressibles de liberté. Ce fut une période de transition
riche en anecdotes et en confidences. Et puis je l’ai quitté a son tour
pour m’installer enfin dans la vie réelle.
Durant 9 ans, nous ne nous sommes jamais perdues de vue. Je ne
sais pas pourquoi. Je savais son expérience. Mère de 3 garçons, elle
avait donné naissance a son 3e enfant chez elle, avec un homme
sage-femme, après une sérieuse remise a question et la découverte de
son besoin de « naturel ». Elle a donc joué le rôle de « Doula » sans
même savoir ce que ce terme signifiait. Après s’être renseigné, elle se
qualifia elle-même d’accompagnante, jugeant que sa seule expérience de
mère ne faisait pas d’elle une Doula , laissant cette appellation à
celles qui ont bénéficié d’une formation spécifique et qui revendiquent
ce titre.
Elle m’a donc accompagnée avec beaucoup de tendresse et de
dévotion tout au long de ces 9 mois. Elle fut tour a tour ma
confidente, ma masseuse personnelle, ma psy, mon aide-ménagère, mon
amie….
Avant de lui demander d’être auprès de moi pour ce parcours, afin
que je bénéficie de son expérience d’AAD, j’ai eu peur qu’elle ne
prenne une place maternelle. Ma maman est ma maman et personne ne
pouvait la remplacer, aussi éloignée soit-elle. Bernadette a su jouer
son rôle et rester a sa place. Ma maman, elle, comme a chaque grossesse
était présente autant qu’elle le pouvait (elle vit a plusieurs
centaines de kilomètres de nous) grâce a Internet, au téléphone et
Airfrance.
Pour ne pas me sentir malade mais seulement enceinte, j’ai
fait le choix de me limiter aux examens médicaux qui étaient vraiment
nécessaires et de refuser les autres, par principe et aussi selon mon
envie du moment (tant que cela ne mettait en danger personne). Echos
mensuelles, O’Sullivan, Test trisomie, toxoplasmose mensuelle, je les
ai évités. Je me suis donc centrée sur mon enfant, l’écoute de mon
corps en bénéficiant du suivi d’une femme particulièrement sage :
Françoise. Elle assure tout le suivi médical de la grossesse des mamans
qui font des choix jugés marginaux par le collège des obstétriciens
français (AAD, ANA, plateau technique …)Malheureusement elle ne
pratiquait pas l’AAD.
A force de recherches j’ai fini par trouver une adresse mail. Une
SF AAD plus qu’a part. C’est ma dame en blanc (c’est un choix dont je
connais pas l’origine mais c’est ainsi, elle ne s’habille que de
blanc). Elle n’est pas dans les pages jaunes, elle n’est pas
conventionnée. C’est celle qu’on trouve par le bouche a oreilles, c’est
celle qui vous connaît mieux que personne et qu’il faut convaincre. Je
savais qu’elle cessait son activité dans les années a venir et qu’elle
ne prenait pas de nouvelles familles et pourtant il fallait absolument
que ce soit elle (je n’avais pas tellement le choix, dans mon
département, les autres SF étaient trop loin ou indisponibles pour des
raisons de santé). Alors je lui ai envoyé un mail avec le récit de la
naissance de Louis pour qu’elle sache ma douleur et ma détermination à
la panser. J’ai terminé mon mail en lui expliquant que c’était elle ou
personne d’autre, quitte à faire mon petit seule.
Elle m’a répondu en me proposant une rencontre, chez elle, lieu
des « consultations ». Je ne sais pas si cela arrive à d’autres femmes,
mais je suis tombée en amour. Confiance, calme, sérénité. Moi, la maman
speed, je me suis pris une grosse claque. Mais c’était bien elle, J.
Antoine, assez septique avant de la rencontrer, est sorti de ce «
rendez-vous » enchanté de connaître une femme aussi remarquable et
professionnelle. Elle pourrait donc nous accompagner pour cette
naissance. J’entamais mon 3e mois de grossesse.
Nous nous sommes revus une seconde fois lors de mon 7e mois. Je
commençais à avoir peur et à douter de mes capacités, c’était le bon
moment pour la revoir. Elle a su trouver les mots justes, encore.
En dehors de ces rencontres physiques, elle était d’une très
grande disponibilité par téléphone et par mail, à des heures pas très
protocolaires.
Et puis l’heure de cette 3e rencontre avec elle, la 1ere avec mon bébé, sonna enfin.
La leçon d’humilité
A la façon dont Louis était né, je m’étais préparée
mentalement à faire face a une naissance très rapide et j’avais même
envisagé que J n’arrive pas a temps. Je me sentais prête et assez forte
pour gérer à nouveau un événement très fort et très violent. Mais Lyla
en a décidé autrement.
Comme pour ma première grossesse, dès 6 mois, j’avais de
nombreuses contractions. Je ne souhaitais pas être examinée lors de mes
consultations mensuelles. Et c’est moi-même, lorsque j’étais inquiète,
qui procédait a un examen du col. Il se modifiait vite. Vers 7 mois,
j’ai tout de même demandé a Françoise de me donner son avis et le
verdict fut l’exacte description de ma propre observation : col effacé,
postérieur, ouvert a 2. Finalement, il était plus prudent que je me
repose un peu et Louis fut confié a sa mamy Ginette en journée durant 2
semaines afin que je récupère.
Paradoxalement, j’étais moins inquiète et plutôt en confiance. De
plus, il était évident pour moi que Lyla arriverait très en avance.
Elle était prévue pour le 9 septembre et pourtant…
Le Jeudi 14 août, j’avais rendez-vous avec mon ostéopathe afin de
mettre en place mon bassin et mon sacrum trop malmenés lors de mon
premier accouchement (la position sur le dos fait des dégâts
considérables à ces endroits). Depuis déjà 2 semaines, j’avais de
nombreux pré travail, tard le soir que seul un bain pouvait calmer.
J’avais le sentiment que le travail débutait mais qu’il était bloqué de
façon mécanique par une mauvaise position de mon bassin, ce que me
confirma l’ostéopathe. Après cette séance, je me sentais bien mieux et
dans la journée qui a suivi, Lyla n’a pas cessé de bouger très fort, de
pousser sur ses pieds et d’appuyer fort sur le col. Le Vendredi 15
août, à 5h du matin, j’ai été réveillée par une très grosse
contraction, longue et entraînante, comme une vague. J’étais heureuse,
c’était le début. Nous attendions, le soir même des amis qui devaient
passer deux jours chez nous. Cela ne me dérangeait pas de les savoir
présents lors de la naissance car ils avaient eux-mêmes fait leur
petite fille à la maison avec la même SF. Toute la journée, les
contractions allaient et venaient : toutes les demi-heures, toutes les
heures …. Je tenais J au courant par texto.
Le Samedi 16 août, pas
de changement, les contractions restaient douloureuses et fortes mais
assez espacées pour que je continue a vivre normalement : siestes,
cuisine, repas, ballades ….il fallait juste que je m’accroupisse et que
je me concentre pour accepter cette douleur. Le soir venu, je suis
sortie à une petite soirée avec des amis. Mon ballet les a beaucoup
amusés mais ils étaient tout de même un peu inquiets d’envisager une
naissance, là, au milieu du salon …A minuit je suis rentrée dormir.
Le
Dimanche 17 août, les contractions sont devenues encore plus fortes
mais toujours espacées d’au moins une demi-heure. Et puis je n’avais
pas trop le temps d’y prêter attention, nous étions invités à un repas
d’anniversaire prévu ce midi là. Encore une fois, les personnes
présentes étaient amusées, certaines compatissantes, en voyant le
travail bel et bien engagé.
En fin de journée, je commençais réellement a en avoir marre.
Après avoir couché Louis, nous avons décidé de tout mettre en œuvre
pour que Lyla se décide enfin : séance d’haptonomie, massages, huiles
essentielles et bougies, un bain très chaud et un gros câlin. A minuit,
je me suis couchée pleine d’espoir. Avant d’éteindre la lumière, j’ai
consulté mes mails une dernière fois. En même temps que je lisais un
mail de J m’apprenant qu’elle ne serait sûrement pas là cette nuit (un
autre bébé arrivait), une violente contraction me plie en deux. Il
fallait que ce soit le seul soir d’indisponibilité de ma SF, pour que
ma fille se décide enfin !!! J’ai eu un grand moment de panique. Il
était hors de question d’aller à la maternité, je n’y étais même pas
inscrite, par choix et par peur d’y mettre les pieds. Contre toute
attente, Antoine m’a fait couler un bain et m’a expliqué qu’il
comprenait mon angoisse de la maternité et que si vraiment notre SF ne
venait pas, nous saurions bien faire face tous les deux. Il se sentait
prêt. J’étais terriblement émue et reconnaissante de cette décision.
Quel courage !
Alors, pour la première fois, malgré de nombreuses fausses alertes
avant, nous avons préparé notre lit, les serviettes, l’huile de
massage…Tout est prêt, elle pouvait venir.
Je crois que c’est pour cela que j’ai vraiment fini par laisser
venir Lyla et le travail a commencé, pour de vrai. Sur le dos entre les
contractions, accroupie pendant, Antoine m’aidait a me mouvoir dans
l’eau. Malgré mes cris, Louis dormait paisiblement. Mes larmes
coulaient de rage : pourquoi cela durait-il si longtemps ? Antoine
finit par appeler J vers 1h. Elle lui expliqua qu’elle était toujours
disponible pour venir mais pas pour longtemps et que si l’autre maman
la rappelait, elle irait la voir. Encore à ce moment je n’étais pas
certaine que ce soit pour cette nuit. Depuis 3 jours, je doutais, sans
être très sure. Je ne pouvais pas la faire venir de si loin (une heure
de route) pour une fausse alerte. A 2h, Antoine la rappelle et elle
demande à me parler. Je lui explique mon incertitude mais elle m’entend
hurler lors de la contraction suivante et finalement décide de venir. A
3h, elle arrive, quitte ses chaussures, s’avance pieds nus dans la
pénombre (il n’y a que deux bougies allumées, dans la salle de bain.).
Elle écoute le cœur de Lyla pendant quelques minutes, tout va bien.
Elle m’explique que l’autre maman en est à son 3e bébé a la maison et
que le papa est prêt a faire face seul. Je me sens moins coupable de
leur voler J.
Antoine m’apporte à boire et à manger, je barbotte toujours et je
décide de retourner au lit. Antoine va se coucher et J et moi, nous
restons en tête à tête. Elle s’assoit sur une chaise a coté du lit et
je me mets sur le coté Nous parlons, de tout et de rien, nous essayons
d’éclaircir tout ce qui me retient encore et qui m’empêche de
m’abandonner totalement. Les contractions s’espacent, puis cessent
totalement. Il est 5h environ. J’en ai marre, je me lève pour manger,
je me fait un sandwich et pèle une pomme. Ca n’avance plus. Après une
longue hésitation, moi qui ne voulais pas que l’on me touche, je
demande a J de me dire si mon col s’ouvre ou pas. Elle ne pratique pas
ce geste d’ordinaire, ce n’est pas dans ces méthodes de travail.
Pourtant elle accepte : j’en suis a 5-6 cm. Cela me donne du courage,
ça avance…doucement, certes, mais ça avance.
Elle m’explique que j’ai trop peur de cette douleur, que je dois
plonger dedans et l’accepter enfin, ne plus rien retenir. J’ai aussi
l’impression que je savoure cette naissance alors que j’ai subie celle
de Louis. J’accouche deux fois, c’est donc plus long…Et puis j’avais «
décidé » que ce serait une naissance rapide et Lyla m’apprend la
patience et l’humilité. Je ne contrôle pas tout, je dois l’accepter et
lacher-prise. J écoute à nouveau Lyla, tout baigne.
Les contractions reprennent, toujours espacées d’une demi-heure. J’ai le temps de récupérer entre chaque.
Il
est 6h, je me refais couler un bain et je vais voir Antoine pour lui
demander de venir. Nous restons tous les deux, J s’éclipse. Et le
ballet aquatique recommence, nous sommes très synchrones. Puis ça
devient plus fort, je vois le jour se lever sur cette quatrième journée
de travail et le désespoir me gagne.
Nous sommes le Lundi 18 août et j’en ai marre, JE VEUX QU’ELLE
SORTE !!!!Antoine va chercher J, elle s’installe par terre à coté
d’Antoine et souri doucement. Je lui dis que je n’en peux plus, que je
veux qu’elle me perce la poche des eaux. Elle m’explique qu’elle ne
fera rien : c’est à moi de mettre au monde ma fille, si je peux
l’atteindre, je peux la percer moi-même…sinon, je dois être patiente et
accepter.
Et là, je repense a cette fameuse phase de désespérance et je me
marre. Je suis en plein dedans et ça veut dire que Lyla sera vite là.
C’est la dernière ligne droite. Je sors du bain et je demande à Antoine
d’appeler Bernadette. Elle ne répond pas. Je suis triste, j’ai besoin
d’elle.
Me voici dans ma chambre, sur mon lit, tantôt sur le
coté, tantôt a quatre pattes, le torse appuyé sur mon ballon rose.
Antoine est parti s’occuper de Louis qui boit son biberon et joue
calmement dans le salon. J me tiens la main, soutiens ma jambe, me
caresse les cheveux…Je lui dis mon bonheur d’être là, chez moi,
d’entendre mon fils jouer juste a coté.
Et je pousse. Tout doucement, puis comme une forcenée. Mes cris
assez brefs et stridents se fonts plus longs. Je suis plus souvent sur
le coté. Je décide de rester à quatre pattes mais ça fait trop mal, ça
pousse. Je voudrais me recoucher. J me dit que c’est à moi de décider,
mais que si ça fait aussi mal c’est parce que c’est une position
efficace. Il est temps que plonge enfin dans cette vague de douleur ….
Bernadette appelle, elle vient d’avoir le message, c’est la seule
fois qu’elle oublie son téléphone, elle est déçue de ne pas être là.
J’exige sa présence, « sinon je ne la fait pas ! ». Elle se met en
route, elle habite à 45 minutes d’ici. Je ne saurais pas vraiment dire
pourquoi sa présence était indispensable à ce point. Peut-être parce
que je n’avais tout simplement pas imaginé qu’elle ne soit pas là.
Mes contractions qui étaient très espacées se rapprochent enfin,
il est 9h. Je vais mourir, je rugis de rage, je pousse. On dirait un
animal en furie. Elle va sortir, il faut qu’elle sorte. Mais j’ai trop
mal, je ne vais jamais y arriver et Bernadette n’est pas là. Je ne peux
pas sans elle. Mais Antoine est a coté. Je suis rassurée de le savoir
là, avec Louis, tout proche. J me masse le dos en descendant en même
temps que je pousse. J’ai une subite envie de vomir, c’est Lyla qui se
place et qui descend, c’est très bon signe. Je grogne, je râle, je
feule, c’est un festival que cris félins. Je suis en dedans de moi,
tout, autour de moi, s’est écroulé et je ne suis qu’une boule de
douleur et de cris. La seule chose que je perçois encore, ce sont les
doigts de J qui courent le long de mon dos, attirant vers le bas, comme
un aimant, le corps le Lyla.
J me dit que les « sentinelles » arrivent, elles annoncent
l’arrivée du bébé …elle fait référence à ce qui restait dans mon
intestin …Quelle poétesse tout de même ! La poche des eaux bombe à la
sortie, mon bassin s’écarte et SPLACH !! Je sens le liquide amniotique
couler le long de mes cuisses et je patauge dedans avant qu’il ne soit
épongé par l’épaisseur des couettes posées sous moi.
La tête de Lyla pointe, elle est pleine de cheveux, même à quatre
pattes, je vois tout dans le miroir situé dans mon dos. Je réalise que
ma fille sort de moi et je suis pétrifiée. J appelle Antoine mais
Bernadette est à la porte et il lui ouvre. Elle est là, enfin, Lyla
peut naître.
Je pousse une seule fois et j’ai l’impression de me déchirer en
deux. Quelle douleur !! Lyla glisse comme une petite savonnette et
tombe entre mes jambes. Elle est si petite, je n’ose pas la toucher. Je
suis sonnée et je ne réalise pas. Après 3 jours d’attente, est-ce que
je ne rêve pas ? Antoine entre avec Louis. Ils étaient devant la porte
lorsqu’elle est née.
J m’encourage à la prendre, elle pleure vite et fort. Elle nous
raconte son histoire, son parcours et sa si longue naissance, mais si
douce.
Je la prends tout contre moi, on nous couvre et je me mets sur le
coté. Ma toute petite fille, toute minuscule…Elle est parfaite !
26 septembre 2008
Allo "angoisse du 8e mois", j'écoute?
HAHAHAHA! Je suis passée à côté de ça ! , me disais-je, encore confiante la semaine passée...
Puis mardi, je le mets dans son parc, et pars, comme à mon habitude, faire ma popote habituelle, de tous les jours habituels... et là, horreur ! Des larmes ! Mais pas celles du style je me force pour essayer d'avoir maman, non ! Des grosses larmes, des pleurs à gros bouillons, comme si j'allais me débarrasser de mon adorable bonhomme... Je reviens vite fait, je le rassure, je le calme, je joue avec lui. Passent quelques heures, je retente le coup, et bien sûr, ça recommence, et ainsi toute la journée... Le premier doute s'installe en moi.
Le lendemain soir, mon loulou qui sauterait dans les premiers bras du plus parfait inconnu, nous fait une crise monstrueuse à l'approche d'un ami de la famille. Le pauvre (l'ami) ne savait plus où se mettre, et moi je fais le constat de ce qui va devenir mon enfer durant les prochains jours. Le doute n'est plus permis... Arthur nous fait son syndrome du 8e mois !
Alors pour celles qui ne connaissent pas (et vous y passerez presque toutes !), pour celles qui ont échappé (veinaaardes pfff) et pour celles qui risquent de bientôt connaître ceci (suis de tout coeur avec vous !), voilà un bref (aussi bref que mon défaut de bavardage me le permettra) aperçu de cette fameuse angoisse...
Petite carte d'identité du "Syndrome du 8e mois, plus communément appelé angoisse de séparation de la mère"
- Survient généralement entre 6 et 12 mois
- Durée indéterminée, ça varie selon les témoignages, entre quelques semaines et 10 mois pour une pauvre maman de doctissimo.
- Symptômes : angoisse face à un inconnu, pouvant aller à la crise de larmes incontrolée faisant beaucoup de peine au-dit inconnu. Besoin constant d'avoir sa maman (parfois son papa) auprès de soi. Sentiment d'abandon dès qu'on franchit la barrière de 1 mètre de séparation.
Selon certains spécialistes, ce syndrome se manifeste à la suite de la compréhension pour le bébé qu'il est une personne à part entière. Je m'explique : avant cette période, le bébé est encore en état "fusionnel" avec ses parents. Pour lui, il ne forme qu'un avec sa mère (plus précisément). Lorsque cette phase approche, l'enfant prend conscience qu'il est une personne seule ainsi que sa mère. S'en suit alors une période d'angoisse liée à ce "détachement".
Selon d'autres, c'est une des premières manifestations de l'angoisse proprement dite. Elle est caractérisée par la peur de visages inconnus, et plus précisément de visages autres que ceux de ses proches.
Comment pallier à cet état me direz-vous? Et bien, pour en arriver là, je remonterai quelques mois auparavant sur une théorie qui va se ré-utiliser pour ce syndrome. Cette théorie est la suivante, j'en ai fait l'expérience avec mon loulou, et ça a franchement bien marché, maintenant libre à vous d'y croire ou pas, de l'utiliser ou pas ;-)
Jusqu'à 3-4 mois, un enfant ne fait pas de "caprice". Lorsqu'il pleure, c'est qu'il exprime un besoin et/ou une angoisse. Il faut apprendre à accepter les pleurs comme une expression à part entière du bébé. Cette angoisse est très simple : à l'état de foetus, le bébé vit dans une bulle, à t° ambiante, nourri sans y penser, bercé par le battement du coeur et la voix de sa mère. Les bruits extérieurs sont étouffés. Puis il nait, et avec cette étape, tout un tas de choses très désagréables : la faim, le froid, le chaud, le mouillé, les bruits inconnus, le manque de sa mère. Bref, la théorie est que plus vite on répond à ses besoins et ses pleurs et plus vite le bébé sera rassuré et confiant, et moins vite il angoissera. Après 3-4 mois (selon les bébés), le bébé fera plus attention à ce qui l'entoure, ses jouets, ses mobiles, etc. Et là, vous décoderez de "vrais" caprices. Pour ma part, loulou n'a fait de réels caprices que vers 7 mois. J'en conclus donc que le fait d'avoir toujours tout de suite répondu présente à ses pleurs l'ont bien aidé, et n'en ont pas fait un "capricieux".
Ici, c'est un peu pareil. Lors de la manifestation de ces crises, répondez vite. Il s'agit d'angoisses et non de caprices. D'ailleurs, ne vous en faites pas, votre coeur de mère le comprendra avant même votre cerveau! Les pleurs sont complètement différents. Bref, répondez vite, et parlez. Expliquez-lui que vous êtes toujours là, que vous ne l'abandonnerez pas. Rassurez-le, câlinez-le sans hésiter, cette période passera sans problème. Par contre si vous ne répondez pas à ses angoisses, le syndrome peut durer très longtemps...
Bon je dis ça comme si c'était facile, et pour y être en plein dedans, je sais combien c'est difficile ! Mais tanpis pour le bordel dans la maison, tanpis pour les sorties annulées, tanpis pour cette désagréable sensation d'avoir une sangsue accrochée à votre jambe, votre petit(e) est en train de passer un cap difficile et vous êtes la meilleure personne pour l'aider à le franchir !
Pour un bien quand le syndrome se manifeste la nuit (j'en suis pas encore là ouf!), il vaut mieux ne pas céder à la tentation de prendre le loulou (te) dans le lit parental, sous peine de très vite faire comprendre au monstre qu'un ouin amène au lit tant convoité. Essayez d'abord de le calmer dans son lit, lui parler, lui chanter une berceuse, puis de le prendre à bras, un gros calin, et on retourne au lit.
Mais soi-dit en passant, chez certaines familles, le système de co-dodo marche à merveille. Tant que le syndrome est présent, bébé dort avec papa-maman s'il a peur la nuit, et on remet la machine en route du dodo-seul, une fois le syndrome terminé. Chez certains ça marche, donc c'est fonction du bébé et des parents.
Testez aussi le doudou, s'il n'en a pas encore l'utilité pour le moment, c'est l'instant T de le mettre à profit. Chez les psycho, on appelle cela "objet de transition". L'enfant reportera son assurance à la présence du doudou et plus de la maman. Pour ce faire, au départ, dormez avec doudou pour l'imprégner de votre odeur, bébé ne l'appréciera que plus !
Et enfin, une dernière chose : TOUT PLEIN DE SOUTIEN ET DE COURAGE !!! Et si ça ne va pas, si vous avez la sensation de ne plus y arriver, on est toutes dans le cas, à un moment ou un autre, et on se soutient hein ! En gros, n'hésitez pas à en parler, à glaner quelques réconforts au travers d'amies mamans ou de forums, cela ne peut que vous regonfler le moral ;-) . Faites aussi entrer le papa dans le ce cercle un peu infernal, sa présence masculine aidera bébé à combattre le lien fusionnel avec la maman, son rôle de papa est à ce moment-là super important car il aidera l'enfant à faire le pas de se détacher de sa maman.
Et en parlant de moral, en voilà une qui a su faire de cette période un véritable chef-d'oeuvre d'humour, je ne la présente plus, car je suis sûre que toutes les mamans bloggeuses sont déjà passées chez elle !!! (Vous retrouvez toutes les planches en rapport avec ce syndrôme dans les archives, sous le titre "Laglu Potcoll")
18 septembre 2008
L'écharpe de portage...
... c'est la façon la plus belle de se rappeler l'état de grossesse...
(Trucages réalisés avec photoshop ^^ )

































