22 février 2009
BOOB
Non, ce n'est pas un cri, ni une onomatopée, c'est une abréviation qui va faire froid dans le dos des gynécologues et sages-femmes conventionnelles. Le boob, c'est le Bêtisier Officiel de l'OBstétrique.
Bon autant être franche directement.
Je suis attirée par les méthodes d'accouchement naturels, je pense que vous avez dû le remarquer depuis. Forcément, quand on décide de mettre un orteil là-dedans, on découvre des choses pas joli-joli. Des accouchements à la chaîne, des femmes maltraitées (une épisiotomie sans consentement et sans raison valable, moi j'apparente cela à de l'excision), des protocoles à la noix de coco pour rester gentille, de la désinformation complète et parfois choisie pour mieux appliquer des choix non acceptés par les accouchées, des bébés et des mères maltraités par un système médical qui ne voit plus en l'accouchement qu'un moment de pur risque qu'il faut maîtriser le plus possible, bref des choses pas très jolies jolies pour l'adoratrice que je suis de ce moment unique qui ne devrait appartenir qu'à la femme qui accouche.
Peut-être pour ne pas vous effrayer, un petit mot explicatif supplémentaire... On appelle grossesse physiologique, une grossesse sans aucun souci médical, en gros une grossesse qui se passe bien. On appellera donc un accouchement physiologique, un accouchement qui se passe dans des conditions optimales, dans le respect de l'accouchante et du processus physiologique d'un accouchement (position choisie, possibilité de mouvement, de se nourrir, pénombre, calme, bref les choix que la femme décide seule). A l'inverse d'une grossesse pathologique, synonyme de problèmes médicaux comme le diabète gestationnel par exemple et qui nécessite une surveillance plus forte, etc. Le hic, sans rentrer dans trop de détails (car ceux-ci appartiendront à un autre article plus tard), c'est qu'aujourd'hui la médecine actuelle voit souvent chaque grossesse comme pathologique, soutenant qu'on ne peut prévoir l'incident qui pourrait arriver, et utilisant divers protocoles médicaux favorisant soi-disant un accouchement dans de bonnes conditions. Par exemple, suivi par monitoring en continu, perfusion d'ocytocine pour éviter la stagnation du travail, maintien de la position couchée (la pire pour un accouchement), épisiotomie, césarienne programmée pour bébé trop gros ou problème de hanche (c'est fou le nombre de femmes à l'heure actuelle qui ne savent plus accoucher un gros bébé !!!), déclenchement après quelques jours de dépassement de terme (qui reste quand même approximatif), j'en passe et des meilleures, bref, tout un dispositif qui va plutôt à l'encontre d'un bon accouchement dans le cas d'une grossesse physiologique, donc normale.
Alors que terrifiée par les récits alarmants que j'ai pu lire, j'ai trouvé mon réconfort humoristique dans ce site. Autant le dire tout de suite, il annonce clairement la couleur. Bêtisier de l'obstétrique. Mais que peut-on raconter dans un site pareil ?? Et bien, toutes les perles (si on peut les appeler comme cela) qu'on peut entendre de la bouche d'un gynécologue obstétricien (gentiment nommé gynobs), d'une sage-femme dirons-nous conventionnelle, d'un psychologue bien-pensant, autour de la grossesse, de la maternité et surtout des choix qui dérangent comme les projets de naissance ou les accouchements à domicile.
Quand on lit tout cela, on croit rêver, et pourtant c'est la triste réalité... Quelques-unes de mes perles préférées chopées au passage :
La salle de contrôle du placard au balai
(Attrapé en 2008)
Un chef de service d'une maternité non dépourvu d'humour fait visiter "ses" locaux flambants neufs. Chaque porte a un nom écrit en grosses lettres capitales. La salle "KOUCHNER" a comme sous-titre "Placard à balai". L'équipage arrive dans la salle de garde des sages-femmes transformée en salle de contrôle de l'ESA avec écran géant permettant de voir tous les monitorings de toutes les salles de travail : « Et là, la sage-femme surveille les 4 salles de naissances depuis son ordi ! » « Formidable », font les autres, « et pas de salle physiologique (*)? » « C'est quoi ? », répond le chef de service.
La sorcière sage-femme surveille les 4 salles de naissance qui sont à haut risque de tomber en décrépitude, mais pas les femmes en couche ni leurs bébés qui laissés seuls ne risquent absolument rien, sauf si ils ont le malheur de chanter : « Sorcière, sorcière, prend garde à ton derriè... » en entier (**).
(*) encore appelée salle nature ou pôle physiologique. Salle de naissance où la femme peut en principe accoucher sans être immobilisée, sans interventions médicales de principe, sans péridurale, mais avec des alternatives de gestion de la douleur telles que bains chauds, massages, acupuncture.
(**) Lire La sorcière du placard au balai dans les contes de la rue Broca par P. Gripari et C. Lapointe. Une sorcière vit dans un placard à balai dont elle ne peut sortir sauf si quelqu'un a la mauvaise idée de chanter cette comptine en entier. ...
Meuh non ça fait pas mal
(Attrapé en 2007)
Grande discussion sur les méthodes de déclenchement de l'accouchement au sein d'un groupe de travail. Arrivé aux méthodes mécaniques(*), tout le monde fait la moue ou prend l'air absent, sauf un gynobs qui témoigne : « Quand j'étais en Afrique j'ai beaucoup utilisé la sonde de Folley. Je peux vous assurer que ça ne fait pas mal.»
Il a essayé ?
(*) Méthode consistant à insérer un ballonnet dans le col de l'utérus et à le gonfler pour forcer l'ouverture du col.
Les femmes enceintes à l'entraînement
(Secret de 2006)
Une femme enceinte assiste à un "cours de préparation" avec sept autres mamans et leurs conjoints. La sage-femme "enseignante" les fait allonger par terre, les jambes en l'air. Comme la jeune femme la regarde interloquée, la sage-femme croit bon de préciser : "Habituez-vous le plus possible, chez vous, à adopter cette position dite gynécologique. Car le jour de l'accouchement, vous devrez rester looooongtemps comme ça".
2h d'entraînement par jour les trois derniers mois de grossesse, puis 4 à 20h de suite pendant l'accouchement, sans boire ni manger, sans tuer le bébé par asphyxie pour cause de surpression sur la veine cave, et avec des contractions du tonnerre par dessus le marché. Punaise ! Fortiches les femmes ! Même un yogi certifié n'y arriverait pas.
Consentement éclairé, c'est quoi ça ?
(Secret de fin 2002)
Lors d'une séance de préparation à l'accouchement, après explication technique de l'épisiotomie en long en large et en travers, croquis à l'appui, la sage-femme déclare : "Quand on fait une épisiotomie, on ne vous le dit pas". Faut dire que le code de santé publique, et surtout la loi Kouchner, sont considérés comme un excellent papier toilette dans les maternités.
Péri or not péri, vous avez le choix
(Secret du 21e siècle)
Une femme enceinte de 6 mois se présente au rendez-vous avec
l'anesthésiste de la maternité dans laquelle elle est inscrite pour la
naissance de son premier bébé. Deux messieurs derrière un bureau
remplissent quelques formalités. Puis l'un d'eux démarre l'entretien :
-- Donc vous allez demander une péridurale ?
--
Oh non, merci, car j'ai déjà pris ma décision et je souhaite accoucher
sans anesthésie. En fait je viens parce que mon gynécologue m'a dit que
l'entretien avec un anesthésiste est obligatoire car il faut constituer
un dossier.
-- Ah oui . Et vous croyez pouvoir accoucher comme ça ?
-- Oui, je pense que je peux, je verrai bien.
-- Vous verrez bien ? Et quand il sera trop tard, vous ferez comment ?
-- Non merci. Je sais que je ne voudrais pas de péridurale.
--
Vous semblez bien sûre de vous ! Mais croyez-en notre expérience et
sachez bien que si vous dites cela c'est parce que vous n'avez jamais
accouché !
La jeune femme est repartie en
s'interrogeant sur cet anesthésiste et sur son confrère qui roulait de
gros yeux avec un air si désespéré. Combien de fois ces messieurs
avaient-ils donc accouché ?
Tu accoucheras dans la douleur
(Secret du 21e siècle, rendu public sur le site www.episiotomie.info)
" On demande à ma femme de pousser de toutes ses forces, elle s'exécute mais la douleur est terrible, toujours au niveau de la cicatrice de l'utérus <césarienne antérieure>. On ne l'écoute pas… Il y a longtemps que la péridurale n'est plus efficace. Au bout d'un certain temps, la sage-femme a même la phrase malheureuse : « Puisque vous ne savez pas pousser, on va prendre les forceps…»
Le Docteur D. procède auX épisiotomieS [une de chaque côté] qui font bondir ma femme, prend alors les forceps, les introduit profondément et commence alors une torture qui paraît interminable [...] Je l'entends dire que c'est une "OS" et c'est sous les cris de ma femme que l'on sort difficilement le bébé, bien marqué par les forceps. Aucune parole de réconfort, aucune explication du docteur et de la sage-femme… Devant ce qui vient de se passer, on fait silence. Je sors à ce moment avec C. pour les soins du bébé. À mon retour dans la salle de travail avec ma petite fille dans les bras, je constate, plus de trente minutes après, que le Docteur D. est toujours en train de faire les points de suture, et toujours sans aucune anesthésie. J'apprends par ma femme totalement épuisée qu'on vient de lui faire une révision utérine, des points dans le vagin (deux déchirures : à gauche et à droite) et qu'on continue à la « recoudre » sans anesthésie."
La crise de démographie des gynobs est telle qu'ils embauchent des apprentis bouchers !!! Ils font au quoi au Conseil de l'Ordre ? Ils se congratulent en sirotant des coktails ,ou ils se font des films sur les méchants parents qui portent plainte contre les gentils docteurs ?
Traumatisée ? Rien à cirer !
(Secret de 2007)
Premier enfant, césarienne en urgence, totalement imprévue, mal
accompagnée. Elle en est restée si traumatisée qu'elle redoute que ça
ne recommence. Alors elle se prépare mentalement pour ce second
accouchement. Elle rédige aussi un projet de naissance dans lequel elle
met tout son cœur et ses émotions, où elle explique à l'équipe pourquoi
elle a si mal vécu sa césarienne, et ce qu'elle veut pour cette seconde
naissance. Elle le donne discrètement au gynobs qui la suit. Visite
suivante, qui se passe, aucun commentaire. N'y tenant plus elle finit
par oser lui demander des nouvelles de son projet de naissance.
L'ont-ils lu ? "Ah, c'est vous qui avez pondu ça ?". Le gynobs sort le papier, entièrement corrigé de rouge. "Je l'ai
fait passer dans le service. On a bien ri. Au moins il aura servi à ça,
nous faire rire, parce que franchement vous ne vous rendez pas compte
de ce que vous écrivez."
Alors que lui s'est parfaitement bien rendu compte de ce qu'il a dit.
Qu'est-ce qu'une grossesse normale ?
Pêché dans "Sociologie de l'accouchement", Béatrice Jacques, Presses Universitaires de France, 2007 :
Dr Y, 33 ans, maternité de niveau 3 :
- Enquêteur : "Qu'est-ce que c'est pour vous une grossesse normale ?"
- Dr Y. : "C'est difficile...Peut-être une grossesse dont on n'a pas entendu parler... [rires], parce que des grossesses normales, il n'y en a plus."
- Enquêteur : " Il n'y en a plus ?"
- Dr.Y. : "Non, pas en France. On impose à tout le monde des examens, des sérologies... Une grossesse normale c'est une grossesse au fin fond de l'Afrique avec un suivi comme on a envie... En France, il n'y a pas de grossesse normale."
C'est tout comme les gynobs, les normaux sont en voie d'extinction.
26 décembre 2008
A tous ceux qui disent ...
... "il faut le laisser pleurer"
... "ça va lui faire les poumons"
... "tu vas en faire un capricieux"
Voilà un texte à lire et à méditer...
Extrait du livre "le concept du continuum" de Jean Liedloff, 1977
"Dans les cliniques d’accouchement du monde occidental, il n’y a guère d’espoir de se faire consoler par les louves. Le nouveau-né qui réclame par tous les pores de sa peau le contact originel avec un corps doux et mou qui irradie la chaleur est enveloppé dans un lange sans vie. Il peut crier aussi fort qu’il veut, on le met dans une boîte où il est abandonné à un vide torturant et où il n’y a aucun mouvement (pour la première fois depuis l’origine de son existence physique , depuis des millions d’années de son évolution ou de sa félicité éternelle dans l’utérus). Le seul bruit qu’il puisse percevoir, ce sont les hurlements d’autres victimes qui souffrent les mêmes indicibles tortures infernales. Ce bruit ne peut rien signifier pou lui. Il hurle et hurle tant qu’il peut ; ses poumons qui ne sont pas habitués à l’air s’épuisent sous le poids de ce cœur désespéré. Personne ne vient. Comme, de par sa nature, il croit que la vie est juste, il fait la seule chose qu’il puise faire : il continue de hurler. A la fin il s’endort, à bout de forces – toute une vie plus tard, hors du temps. Il s’éveille dans l’angoisse inconsciente du silence, de l’immobilité. Il pleure. Il brûle de besoin de la tête aux pieds, de désir, d’impatience insupportable. Il ouvre la bouche pour respirer et hurle, jusqu’à ce que le bruit remplisse son crâne, qu’il soit prêt à éclater. Il crie jusqu’à ce que la poitrine lui fasse mal, que sa gorge soit en feu. Il ne peut plus supporter la douleur ; ses sanglots s’affaiblissent puis s’arrêtent. Il écoute. Il ouvre et ferme les poings. Il tourne la tête d’un côté puis de l’autre. Rien n’y fait. C’est insupportable. Il recommence à hurler, mais sa gorge est trop fatiguée ; bientôt il s’arrête à nouveau. Il raidit son petit corps torturé de dé&sir et il perçoit un soupçon de soulagement. Il remue les mains et gigote. Il s’arrête, capable de souffrir, mais incapable de penser, incapable d’espérer. Il écoute. Puis il se rendort. Brusquement on le soulève ; l’attente de ce à quoi il devrait avoir droit se manifeste à nouveau. On enlève le lange mouillé. Soulagement. Des mains vivantes touchent sa peau. On le soulève par les pieds et on remet entre ses cuisses un autre morceau d’étoffe sec comme du caillou et inerte. Immédiatement, c’est encore comme s’il n’y avait jamais eu ces mains, ni le lange mouillé. Il n’y a pas de souvenir conscient, pas trace d’espoir. Le bébé se trouve dans un vide insupportable, hors du temps, dans l’immobilité et le silence, plein de désir infini et inassouvi. Son continuum essaie les mesures de sécurité, mais elles sont toutes uniquement propres à pallier de petites défaillances dans un traitement par ailleurs adéquat, ou bien demander un soulagement à quelqu’un dont on présume qu’il l’apportera. Pour le cas extrême qui se présente, le continuum n’a pas de solution. La situation dépasse son expérience pourtant immense. Depuis quelques heures à peine qu’il respire, le bébé a déjà atteint par rapport à sa nature un degré d’aliénation dont même son puissant système de sécurité ne peut plus le sauver. Le séjour dans la matrice maternelle a été selon toute vraisemblance le dernier dans cette atmosphère de bien-être ininterrompu où, selon l’attente qui lui est innée, il aurait dû passer toute sa vie. Toute sa nature se fonde sur l’idée que la mère se comporte de façon adéquate et que les motivations et les actes qui en résultent d’une part comme de l’autre seront tout naturellement dans un rapport de réciprocité qui les servira l’un comme l’autre. Quelqu’un vient et le soulève délicatement. Le bébé s’anime. On le prend certes trop timidement à son goût ; mais au moins il y a du mouvement. maintenant il se sent à la bonne place. Toute l’angoisse mortelle qu’il vient de traverser n’existe plus. Il est couché dans des bras qui l’entourent ; et bien que sa peau ne retire aucune impression de douceur du contact avec l’étoffe, rie qui annonce la proximité d’une chair vivante, les mains et la bouche lui disent que tout est normal. La joie de vivre, qui est l’état normal du continuum est presque parfaite. Il y a le goût et la structure du sein, le lait chaud coule dans sa bouche avide, il y a ce battement de cœur qui aurait dû être la liaison, garantir le lien avec le corps maternel, ses yeux qui y voient à peine perçoivent un mouvement. Le ton de voix aussi est bon. Il n’y a que l’étoffe et l’odeur (sa mère met de l’eau de Cologne) qui font qu’il manque quelque chose. Il tête et quand il se sent rose et repu, il tombe dans la somnolence. Au réveil, il est de nouveau dans l’enfer. Pas de souvenir, pas d’espoir, pas de pensée qui puisse lui rappeler dans le dessert de son purgatoire le réconfort de la visite auprès de sa mère. des heures passent, et des nuits, et des jours. Il pleure, il se fatigue, il s’endort. Il s’éveille et mouille ses couches. Maintenant il n’en éprouve plus aucun bien-être. A peine ses organes internes lui ont-ils communiqué le plaisir du soulagement que celui-ci est à nouveau supplanté par une douleur croissante quand l’urine chaude et acide attaque son corps déjà irrité. Il hurle. Ses poumons épuisés ont besoin de hurler pour couvrir cette brûlure aiguë. Il hurle jusqu'à ce que la douleur et les hurlements l’épuisent, avant qu’il s’endorme à nouveau. dans sa clinique qui ne constitue en rien une exception, les infirmières qui ont beaucoup de travail changent les langes à heures fixes qu’ils soient encore secs, humides ou complètement trempés ; et les enfants ont le corps tout irrité quand elles les renvoient à la maison où il y aura quelqu’un qui aura le temps de faire ce genre de choses et qui les guérira. Lorsqu’on l’emmène à la maison de sa mère (on ne peut guère dire que ce soit chez lui), il est déjà tout à fait au courant de la nature de l’existence. A un niveau préconscient qui déterminera toutes ses impressions ultérieures de la même manière qu’il sera réciproquement marqué par elles, il sait que la vie est indiciblement solitaire, sans réaction à aucun des signaux qu’il peut émettre et pleine de souffrance. Mais il n’y a pas encore renoncé. tant qu’il y aura de la vie en lui, les forces de son continuum essaieront toujours de retrouver leur équilibre. la maison ne se différencie guère de la clinique d’accouchement, si ce n’est pour l’irritation de la peau. les heures où il est éveillé, l’enfant les passe dans la nostalgie, le désir et l’inlassable attente de l’état « adéquat » qui selon le continuum devrait remplacer le vide et le silence. Pendant quelques minutes par jour son désir est satisfait et ce besoin de contact, ce besoin qu’on le porte et qu’on le promène, ce besoin effroyable qui le démange constamment est comblé. Sa mère fait partie de celles qui, après bien des élucubration, se sont décidés à autoriser à l’enfant l’accès à leur sein. Elle aime d’une tendresse encore jamais connu. Au début, elle a de la peine à le recoucher après la tétée, surtout parce qu’il hurle si désespérément. mais elle est persuadée de devoir le faire car sa propre mère lui a dit (et elle est bien placée pour le savoir) que plus tard il serait mal éduqué et lui ferait des difficultés si elle lui cédait maintenant. Elle veut tout faire comme il faut ; et pendant un instant elle sent que la petite vue qu’elle tient dans ses bras importe plus que tout au monde. Elle soupire et le repose tout doucement dans son berceau capitonné de tissu avec des petits canards jaunes, assorties à toute la pièce. Elle s’est donné beaucoup de mal pour mettre des rideaux en coton, un tapis en forme de panda géant, une table de toilette blanche, une baignoire et une table à langer. Il fallait aussi du talc, du savon, de la crème, du shampooing et une brosse à cheveux - le tout dans des tons de bébé. Au mur, il y a des images de bébés animaux habillés en hommes. La commode est pleine de petites chemises, de barboteuses, de petits chaussons, de petits bonnets, de gants et de langes. Dans l’angle sur le dessus il y a un mouton en laine et un vase de fleurs - des fleurs que l’on a coupées, parce que la maman « aime » aussi les fleurs. Elle tire sur les bords de la petite brassière et couvre le bébé d’un drap brodé et d’une couverture qui porte ses initiales. Elle la regarde avec une certaine satisfaction. On n’a rien négligé pour que l’aménagement de la chambre du bébé soit parfait, même si par ailleurs le jeune couple ne peut pas encore s’acheter tous les meubles qui sont prévus pour les autres pièces. Elle se penche sur l’enfant et dépose un baiser sur cette joue soyeuse ; puis elle se dirige vers la porte alors que le premier hurlement de torture lui transperce le corps. Elle ferme tout doucement la porte. Elle lui a déclaré la guerre. Il faut que sa volonté l’emporte. A travers la porte elle entend des cris, comme si l’on torturait quelqu’un. Son continuum les identifie en tant que tels. La nature ne donne pas de signe sans équivoque voulant dire que l’on torture quelqu’un quand ce n’est pas vraiment le cas. Elle hésite. Son cœur se sent attiré vers lui, mais elle résiste et s’en va. Elle vient juste de le changer et de lui donner à téter. Elle est donc sûre qu’en réalité il ne lui manque rien, et elle laisse pleurer jusqu'à épuisement. Il s’éveille et se remet à hurler. Sa mère jette furtivement un coup d’œil par la porte pour s’assurer qu’il est couché comme il faut : tout doucement encore, pour que l’attention qu’elle lui manifeste n’éveille pas de faux espoir, elle referme la porte. Elle se précipite dans la cuisine pour faire son travail, elle laisse la porte de la cuisine ouverte pour entendre le bébé « si jamais il lui arrivait quelque chose ». Les hurlements de bébé se changent en plaintes chevrotantes. Comme personne ne répond, le mécanisme qui active ses signaux se perd dans la confusion du vide sans vie, alors que le réconfort aurait dû venir depuis longtemps. Il regarde autour de lui. Au-delà des barreaux immobiles et le mur. Il perçoit des bruits qui n’ont aucun sens, provenant d’un monde lointain. Près de lui, tut est calme. Il regarde le mur, jusqu'à ce que ses yeux se ferment. Lorsqu’il les rouvre, plus tard, les barreaux et le mur sont toujours exactement pareils, mais la lumière est encore plus triste."
06 décembre 2008
Un blog très intéressant
Voilà un blog de maman, fait par des mamans qui souhaitent "faire avancer les choses".
Plus que mon explication, je vous mets celle qui ouvre le blog :
Site de mamans qui donnent leur avis, soulignent, pointent ce qui
les hérisse et ce qu'elles préfèrent dans notre société, en accord avec
leurs convictions de respect des êtres et de l'environnement.
(Cliquez sur l'image - c'est la dernière fois que je le dis, vous devez avoir l'habitude :D)
19 novembre 2008
La dure réalité des protocoles hospitaliers en matière d'accouchement
Un jour je ferai un article là-dessus, mais ça remue pas mal de choses ! En attendant, voici la lettre (véritable lettre mais les noms ont été effacés pour préserver l'anonymat) d'une jeune maman à son gynécologue quant à des protocoles qu'on lui a soumis sans son consentement. Résultat, elle a très mal vécu physiquement et psychologiquement son accouchement. Je rappelle juste la loi de Kouchner qui nous dit qu'aucun acte médical ne peut être fait sans notre consentement... Ces personnes ont actuellement porté plainte contre le gynécologue qui a pratiqué l'épisiotomie.
Objet : Mon accouchement
Lettre recommandée avec accusé de réception
Madame H------------,
J’ai effectué entre juillet et septembre 2008 ma préparation à
l’accouchement à la clinique ---------. Au cours de ces séances de
préparation, il avait été expliqué qu’un certain nombre de
manipulations : rupture artificielle de la poche des eaux, accélération
du travail par utilisation d’ocytocine, étaient épargnées aux mamans
qui faisaient le choix d’accoucher sans péridurale, car elles étaient
douloureuses. Concernant l’épisiotomie, il a été mentionné que son
recours était limité à des cas très précis.
Souhaitant un accouchement le plus naturel possible, j’avais
fait le choix d’accoucher sans péridurale et donc sans ces
manipulations que je considère non nécessaires, voire préjudiciables.
Le 11 septembre dernier, j’ai accouché dans cette même clinique et c’est vous qui vous êtes « occupé» de mon accouchement.
Dés que vous m’avez prise en charge, vers 8h30, je vous ai
fait savoir que je souhaitais un accouchement naturel à savoir, sans
intervention médicale non nécessaire, soit : pas de péridurale, pas
d’accélération artificielle du travail, pas d’épisiotomie, si cela ne
s’avérait pas objectivement et impérativement nécessaire pour la santé
de mon enfant.
Vers 9h00 mon époux et moi-même vous avons clairement reprécisé
que nous souhaitions un accouchement non médicalisé après avoir signé
le document qui désigne la personne de confiance et la personne à
prévenir. Vous n’avez fait aucune opposition à cela.
Vous avez semblé respecter ma volonté et m’avez laissé me
déplacer à ma guise dans la salle de naissance jusqu’à environ 10H30,
heure à laquelle vous m’avez demandé de m’allonger pour un contrôle. Ce
touché a été très douloureux et à son issue vous avez indiqué que la
poche des eaux était fissurée et que le liquide était légèrement teinté
ce qui n’était pas grave.
J’ai appris plus tard, à la lecture de mon dossier médical, qu’en
réalité vous aviez pratiqué une Rupture Artificielle de la poche des
eaux et non un simple touché de contrôle.
Un peu plus tard, vous avez insisté pour me poser une perfusion alors que je n’y tenais pas.
Vous avez mentionné qu’il s’agissait d’une simple mesure de
précaution et que vous ne mettriez rien dans celle-ci sans m’en
avertir.
Un peu plus tard, alors que la douleur s’accentuait, vous m’avez
proposé, comme la perfusion était installée, d’y adjoindre un peu de
Spasfon, ce que j’ai accepté.
En revanche, c’est mon dossier médical qui m’a appris que
vous aviez introduit dans la perfusion vers 12H30 du syntocinon, contre
ma volonté et sans m’en informer.
Peu après, vous m’avez fait allonger. Vous souhaitiez à
nouveau « vérifier quelque chose ». Dans la mesure où, peu avant, vous
m’aviez manipulée pour essayer de faire bouger le bébé qui n’était,
d’après vos dires, pas positionné de façon optimale, je ne me suis pas
méfiée.
Vous m’avez demandé de pousser « un peu pour voir », puis tout
s’est brusquement accéléré (certainement à cause de l’ocytocine), à
commencer par les contractions qui me laissaient à peine le temps de
reprendre mon souffle et certainement pas mes esprits entre les
poussées que vous avez encouragées à vive voix, jusqu'à la fin de
l’expulsion.
J’avais perdu tout contrôle sur MON accouchement.
Peu après, est arrivé le Docteur K------------, qui une fois
disposé à s’occuper de moi, après plus de 5 min d’installation, m’a
déclaré « si j’avais coupé il serait déjà là ». Choquée par cette
phrase surprenante je me suis tendue, j’ai répondu « Non on ne coupe
pas » et j’ai essayé de changer de position, pour me mettre sur le
coté. Mais on m’a retenue et le Docteur a demandé que l’on me mette
l’oxygène … ce que vous avez fait.
A partir de cet instant là
je ne contrôlais plus rien du tout, ne voyant plus trop ce qui se
passait entre mes jambes et ne pouvant plus m’exprimer à cause de ce
masque que j’ai tenté de repousser plusieurs fois mais qui chaque fois
me revenait sur le visage, sitôt que, la contraction passée, je cessais
de pousser.
C’est dans ces conditions, muselée et
impuissante, que j’ai entendu mon mari crier « non ne la coupez pas !!
» alors que je me concentrais sur ma respiration pour reprendre le
dessus.
J’ai ouvert le yeux, tétanisée de peur, et j’ai senti entre mes
jambes une forte et soudaine douleur puis plus rien, avant même d’avoir
eu le temps de me dégager pour me protéger.
Hébétée, j’ai compris que le docteur avait pratiqué une
épisiotomie. Les larmes au bord des yeux, la gorge nouée, j’ai poussé,
pour faire passer les épaules lorsque l’on m’a dit de le faire mais
n’ai pas pu répondre lorsque l’on m’a demandé si je voulais attraper
mon bébé.
L’arrivée d’un enfant est un moment unique, un moment
extrêmement important dans la vie d’un couple. Ce moment nous aurions
aimé en profiter, et nous aurions souhaité le vivre comme nous l’avions
décidé, sereinement et naturellement. Mais vous nous l’avez volé.
En outre, dans les jours qui ont suivi, le plaisir des
moments partagés avec mon enfant a été terriblement entaché par
l’atroce douleur qui me tiraillait chaque fois que je voulais m’asseoir
pour l’allaiter ou le bercer.
L’importante cicatrice laissée par l’épisiotomie mal suturée
me rappellera jusqu’à la fin de mes jours le plaisir gâché de ce 11
septembre 2008 et les souffrances physiques et morales endurées par la
suite. Souffrance qui perdurent aujourd’hui, tant pour moi que pour mon
époux, qui culpabilise encore ne pas avoir compris plus tôt que
personne n’avait l’intention de respecter notre volonté et que le
médecin inciserait mon périnée sur près de 5cm sans même m’en informer
au préalable.
Aussi vous comprendrez que je trouve le déroulement des évènements
du 11 septembre terriblement injuste et que je cherche à comprendre
pourquoi je n’ai pas pu vivre MON accouchement comme JE le souhaitais.
Pourquoi, ce jour là, tout s’est finalement déroulé comme si je
n’existais pas, comme si je ne comptais pas, alors que j’étais, au
final, la première concernée.
C’est dans ce but que je vous écris aujourd’hui, afin de vous
demander pourquoi vous avez rompu artificiellement la poche des eaux,
pourquoi vous avez introduit du syntocinon dans la perfusion, pourquoi
vous n’avez pas laissé faire la nature comme je vous l’avais demandé ?
Et surtout pourquoi avoir fait tout cela à mon insu et sans me laisser
aucun choix alors que je vous faisais confiance ?
Enfin, je ne peux pas non plus comprendre comment, en tant que
femme, vous n’avez pas empêché le docteur K------- de me mutiler alors
que j’avais réitéré devant lui mon refus catégorique concernant
l’épisiotomie et qu’aucun élément connu de vous, de lui et de nous ne
justifiait cela ?
Espérant recevoir des réponses à mes questions, je vous prie d’agréer, Madame, mes salutations.
Prénom Nom
(Signature)
25 octobre 2008
Petit conte africain à méditer...
Un enfant demande à son père :
- Dis papa, quel est le secret pour être heureux ?
Alors le père demande a son fils de le suivre ; ils sortent de la
maison, le père sur leur vieil âne et le fils suivant à pied.
Et les gens du village de dire :
- Mais quel mauvais père qui oblige ainsi son fils d'aller à pied !
- Tu as entendu mon fils ? Rentrons à la maison, dit le père.
Le lendemain ils sortent de nouveau, le père ayant installé son fils sur l'âne et lui marchant à côté.
Les gens du village dirent alors :
- Quel fils indigne, qui ne respecte pas son vieux père et le laisse aller à pied !
- Tu as entendu mon fils ? Rentrons à la maison.
Le jour suivant ils s'installent tous les deux sur l'âne avant de quitter la maison.
Les villageois commentèrent en disant :
- Ils ne respectent pas leur bête à la surcharger ainsi !
- Tu as entendu mon fils ? Rentrons à la maison.
Le jour suivant, ils partirent en portant eux-mêmes leurs affaires, l'âne trottinant derrière eux.
Cette fois les gens du village y trouvèrent encore à redire :
- Voilà qu'ils portent eux-mêmes leurs bagages maintenant ! C'est le monde à l'envers !
- Tu as entendu mon fils ? Rentrons à la maison.
Arrivés à la maison, le père dit à son fils :
- Tu me demandais l'autre jour le secret du bonheur.
Peu importe ce que tu fais, il y aura toujours quelqu'un pour y trouver à redire.
Fais ce qui te plait et tu seras heureux.
22 octobre 2008
Tellement bien dit ...
27 août 2008
Je peux tout faire à travers lui qui me rend fort
Un fils demande à son père : « Papa veux tu courir un marathon avec moi? »
Le père consent malgré son cœur faible.
Ils courent le marathon ensemble.
Un peu plus tard, le fils redemande à son père : « Papa veux tu encore courir un marathon avec moi? »
Le père consent à nouveau malgré son cœur faible.
Un jour le fils demande : « Papa veux tu courir le Iron Man avec moi ? »
(4kms de nage, 180kms de vélo et 42kms courir)
Le père consent.
Rien d’extraordinaire me direz-vous ?
Regardez…
29 juin 2008
Un petit film qui fait fameusement réfléchir...
(Cliquez sur l'image)















