22 février 2009
BOOB
Non, ce n'est pas un cri, ni une onomatopée, c'est une abréviation qui va faire froid dans le dos des gynécologues et sages-femmes conventionnelles. Le boob, c'est le Bêtisier Officiel de l'OBstétrique.
Bon autant être franche directement.
Je suis attirée par les méthodes d'accouchement naturels, je pense que vous avez dû le remarquer depuis. Forcément, quand on décide de mettre un orteil là-dedans, on découvre des choses pas joli-joli. Des accouchements à la chaîne, des femmes maltraitées (une épisiotomie sans consentement et sans raison valable, moi j'apparente cela à de l'excision), des protocoles à la noix de coco pour rester gentille, de la désinformation complète et parfois choisie pour mieux appliquer des choix non acceptés par les accouchées, des bébés et des mères maltraités par un système médical qui ne voit plus en l'accouchement qu'un moment de pur risque qu'il faut maîtriser le plus possible, bref des choses pas très jolies jolies pour l'adoratrice que je suis de ce moment unique qui ne devrait appartenir qu'à la femme qui accouche.
Peut-être pour ne pas vous effrayer, un petit mot explicatif supplémentaire... On appelle grossesse physiologique, une grossesse sans aucun souci médical, en gros une grossesse qui se passe bien. On appellera donc un accouchement physiologique, un accouchement qui se passe dans des conditions optimales, dans le respect de l'accouchante et du processus physiologique d'un accouchement (position choisie, possibilité de mouvement, de se nourrir, pénombre, calme, bref les choix que la femme décide seule). A l'inverse d'une grossesse pathologique, synonyme de problèmes médicaux comme le diabète gestationnel par exemple et qui nécessite une surveillance plus forte, etc. Le hic, sans rentrer dans trop de détails (car ceux-ci appartiendront à un autre article plus tard), c'est qu'aujourd'hui la médecine actuelle voit souvent chaque grossesse comme pathologique, soutenant qu'on ne peut prévoir l'incident qui pourrait arriver, et utilisant divers protocoles médicaux favorisant soi-disant un accouchement dans de bonnes conditions. Par exemple, suivi par monitoring en continu, perfusion d'ocytocine pour éviter la stagnation du travail, maintien de la position couchée (la pire pour un accouchement), épisiotomie, césarienne programmée pour bébé trop gros ou problème de hanche (c'est fou le nombre de femmes à l'heure actuelle qui ne savent plus accoucher un gros bébé !!!), déclenchement après quelques jours de dépassement de terme (qui reste quand même approximatif), j'en passe et des meilleures, bref, tout un dispositif qui va plutôt à l'encontre d'un bon accouchement dans le cas d'une grossesse physiologique, donc normale.
Alors que terrifiée par les récits alarmants que j'ai pu lire, j'ai trouvé mon réconfort humoristique dans ce site. Autant le dire tout de suite, il annonce clairement la couleur. Bêtisier de l'obstétrique. Mais que peut-on raconter dans un site pareil ?? Et bien, toutes les perles (si on peut les appeler comme cela) qu'on peut entendre de la bouche d'un gynécologue obstétricien (gentiment nommé gynobs), d'une sage-femme dirons-nous conventionnelle, d'un psychologue bien-pensant, autour de la grossesse, de la maternité et surtout des choix qui dérangent comme les projets de naissance ou les accouchements à domicile.
Quand on lit tout cela, on croit rêver, et pourtant c'est la triste réalité... Quelques-unes de mes perles préférées chopées au passage :
La salle de contrôle du placard au balai
(Attrapé en 2008)
Un chef de service d'une maternité non dépourvu d'humour fait visiter "ses" locaux flambants neufs. Chaque porte a un nom écrit en grosses lettres capitales. La salle "KOUCHNER" a comme sous-titre "Placard à balai". L'équipage arrive dans la salle de garde des sages-femmes transformée en salle de contrôle de l'ESA avec écran géant permettant de voir tous les monitorings de toutes les salles de travail : « Et là, la sage-femme surveille les 4 salles de naissances depuis son ordi ! » « Formidable », font les autres, « et pas de salle physiologique (*)? » « C'est quoi ? », répond le chef de service.
La sorcière sage-femme surveille les 4 salles de naissance qui sont à haut risque de tomber en décrépitude, mais pas les femmes en couche ni leurs bébés qui laissés seuls ne risquent absolument rien, sauf si ils ont le malheur de chanter : « Sorcière, sorcière, prend garde à ton derriè... » en entier (**).
(*) encore appelée salle nature ou pôle physiologique. Salle de naissance où la femme peut en principe accoucher sans être immobilisée, sans interventions médicales de principe, sans péridurale, mais avec des alternatives de gestion de la douleur telles que bains chauds, massages, acupuncture.
(**) Lire La sorcière du placard au balai dans les contes de la rue Broca par P. Gripari et C. Lapointe. Une sorcière vit dans un placard à balai dont elle ne peut sortir sauf si quelqu'un a la mauvaise idée de chanter cette comptine en entier. ...
Meuh non ça fait pas mal
(Attrapé en 2007)
Grande discussion sur les méthodes de déclenchement de l'accouchement au sein d'un groupe de travail. Arrivé aux méthodes mécaniques(*), tout le monde fait la moue ou prend l'air absent, sauf un gynobs qui témoigne : « Quand j'étais en Afrique j'ai beaucoup utilisé la sonde de Folley. Je peux vous assurer que ça ne fait pas mal.»
Il a essayé ?
(*) Méthode consistant à insérer un ballonnet dans le col de l'utérus et à le gonfler pour forcer l'ouverture du col.
Les femmes enceintes à l'entraînement
(Secret de 2006)
Une femme enceinte assiste à un "cours de préparation" avec sept autres mamans et leurs conjoints. La sage-femme "enseignante" les fait allonger par terre, les jambes en l'air. Comme la jeune femme la regarde interloquée, la sage-femme croit bon de préciser : "Habituez-vous le plus possible, chez vous, à adopter cette position dite gynécologique. Car le jour de l'accouchement, vous devrez rester looooongtemps comme ça".
2h d'entraînement par jour les trois derniers mois de grossesse, puis 4 à 20h de suite pendant l'accouchement, sans boire ni manger, sans tuer le bébé par asphyxie pour cause de surpression sur la veine cave, et avec des contractions du tonnerre par dessus le marché. Punaise ! Fortiches les femmes ! Même un yogi certifié n'y arriverait pas.
Consentement éclairé, c'est quoi ça ?
(Secret de fin 2002)
Lors d'une séance de préparation à l'accouchement, après explication technique de l'épisiotomie en long en large et en travers, croquis à l'appui, la sage-femme déclare : "Quand on fait une épisiotomie, on ne vous le dit pas". Faut dire que le code de santé publique, et surtout la loi Kouchner, sont considérés comme un excellent papier toilette dans les maternités.
Péri or not péri, vous avez le choix
(Secret du 21e siècle)
Une femme enceinte de 6 mois se présente au rendez-vous avec
l'anesthésiste de la maternité dans laquelle elle est inscrite pour la
naissance de son premier bébé. Deux messieurs derrière un bureau
remplissent quelques formalités. Puis l'un d'eux démarre l'entretien :
-- Donc vous allez demander une péridurale ?
--
Oh non, merci, car j'ai déjà pris ma décision et je souhaite accoucher
sans anesthésie. En fait je viens parce que mon gynécologue m'a dit que
l'entretien avec un anesthésiste est obligatoire car il faut constituer
un dossier.
-- Ah oui . Et vous croyez pouvoir accoucher comme ça ?
-- Oui, je pense que je peux, je verrai bien.
-- Vous verrez bien ? Et quand il sera trop tard, vous ferez comment ?
-- Non merci. Je sais que je ne voudrais pas de péridurale.
--
Vous semblez bien sûre de vous ! Mais croyez-en notre expérience et
sachez bien que si vous dites cela c'est parce que vous n'avez jamais
accouché !
La jeune femme est repartie en
s'interrogeant sur cet anesthésiste et sur son confrère qui roulait de
gros yeux avec un air si désespéré. Combien de fois ces messieurs
avaient-ils donc accouché ?
Tu accoucheras dans la douleur
(Secret du 21e siècle, rendu public sur le site www.episiotomie.info)
" On demande à ma femme de pousser de toutes ses forces, elle s'exécute mais la douleur est terrible, toujours au niveau de la cicatrice de l'utérus <césarienne antérieure>. On ne l'écoute pas… Il y a longtemps que la péridurale n'est plus efficace. Au bout d'un certain temps, la sage-femme a même la phrase malheureuse : « Puisque vous ne savez pas pousser, on va prendre les forceps…»
Le Docteur D. procède auX épisiotomieS [une de chaque côté] qui font bondir ma femme, prend alors les forceps, les introduit profondément et commence alors une torture qui paraît interminable [...] Je l'entends dire que c'est une "OS" et c'est sous les cris de ma femme que l'on sort difficilement le bébé, bien marqué par les forceps. Aucune parole de réconfort, aucune explication du docteur et de la sage-femme… Devant ce qui vient de se passer, on fait silence. Je sors à ce moment avec C. pour les soins du bébé. À mon retour dans la salle de travail avec ma petite fille dans les bras, je constate, plus de trente minutes après, que le Docteur D. est toujours en train de faire les points de suture, et toujours sans aucune anesthésie. J'apprends par ma femme totalement épuisée qu'on vient de lui faire une révision utérine, des points dans le vagin (deux déchirures : à gauche et à droite) et qu'on continue à la « recoudre » sans anesthésie."
La crise de démographie des gynobs est telle qu'ils embauchent des apprentis bouchers !!! Ils font au quoi au Conseil de l'Ordre ? Ils se congratulent en sirotant des coktails ,ou ils se font des films sur les méchants parents qui portent plainte contre les gentils docteurs ?
Traumatisée ? Rien à cirer !
(Secret de 2007)
Premier enfant, césarienne en urgence, totalement imprévue, mal
accompagnée. Elle en est restée si traumatisée qu'elle redoute que ça
ne recommence. Alors elle se prépare mentalement pour ce second
accouchement. Elle rédige aussi un projet de naissance dans lequel elle
met tout son cœur et ses émotions, où elle explique à l'équipe pourquoi
elle a si mal vécu sa césarienne, et ce qu'elle veut pour cette seconde
naissance. Elle le donne discrètement au gynobs qui la suit. Visite
suivante, qui se passe, aucun commentaire. N'y tenant plus elle finit
par oser lui demander des nouvelles de son projet de naissance.
L'ont-ils lu ? "Ah, c'est vous qui avez pondu ça ?". Le gynobs sort le papier, entièrement corrigé de rouge. "Je l'ai
fait passer dans le service. On a bien ri. Au moins il aura servi à ça,
nous faire rire, parce que franchement vous ne vous rendez pas compte
de ce que vous écrivez."
Alors que lui s'est parfaitement bien rendu compte de ce qu'il a dit.
Qu'est-ce qu'une grossesse normale ?
Pêché dans "Sociologie de l'accouchement", Béatrice Jacques, Presses Universitaires de France, 2007 :
Dr Y, 33 ans, maternité de niveau 3 :
- Enquêteur : "Qu'est-ce que c'est pour vous une grossesse normale ?"
- Dr Y. : "C'est difficile...Peut-être une grossesse dont on n'a pas entendu parler... [rires], parce que des grossesses normales, il n'y en a plus."
- Enquêteur : " Il n'y en a plus ?"
- Dr.Y. : "Non, pas en France. On impose à tout le monde des examens, des sérologies... Une grossesse normale c'est une grossesse au fin fond de l'Afrique avec un suivi comme on a envie... En France, il n'y a pas de grossesse normale."
C'est tout comme les gynobs, les normaux sont en voie d'extinction.
Commentaires
pour le prochain j'accouche a la maison... et c'est zhom qui fera l'infirmière...^^ on aura une sage femme a domicile simplement mdr... comme ça pas de soucis de valise etc etc lol....
Ouh ben ! Ca promet !!! Je m'en vais éplucher ce site avec délices moi !
Bon il faut quand même dire que les sages femmes et les maternités raisonnables existent ... elles sont juste rares !!! lol !
Quand aux grossesses et naissances normales, elles ne le seront que lorsque les médecins accepteront de laisser faire la nature (dans le cas de grossesse non pathologique bien sur).
comment je redoute ma prochaine grossesse!!!!! je te jure que des gynobs j'en rencontre 12 avant les essais bébés s'il le faut mais je trouverais LE bon!!!
ninitiou: excellente idee! je n en ai que de bons souvenirs lourds en emotions un moment unique que du bonheur (ceci dit ta sage femme te demandera de tout de meme preparer une valise lol)
faire changer les choses
Oui, il faut y aller cesser d'écrire sur les blog mais rencontrer en face à face le gynécologue après l'accouchement avec un témoin pour en discuter. Aller voir le cadre du service, écrire au directeur de l'Hôpital pour engager une évaluation des pratiques professionnelles comme cela s'est fait pour l'épisiotomie grâce au CIANE. S'inscrire dans les association de patients pour entrer dans les conseils d'administration et faire valoir sa voix. Interpeller les minsitres sur la politique une femme une sage femme. les sages femmes le hurle, on leur donne toujours plus de travail, de la technique encore de la technique et pour la réduction des politiques publiques on supprime des postes partout on doit s'occuper d'informatique et des statistiques, évaluer nos pratiques et passer rapidement de salle interruption médicale de grossesse (drame humain) à la salle déclenchement. En Angleterre 35000 sages femmes en France 17000, alors on fait quoi. Lancez une pétition on va vous suivre. dénoncer les politiques famille qui sont actuellement comptables, aller sur le site le la coordinationnationale et unissez vos efforts pour empêcher la fermeture des petites unités de maternité Humaine, où certaines collègues apportent soutien , réconfort, humanité et suivi adéquate au bon démarrage d'un allaitement avant un retour précoce accompagné si il est souhaité.
Je lance A LA TAQ, tarification à la QUALITE pour le nouveau plan Hôpital, Patient Territoire Santé
ATTENTION encore plus d'économie , de réduction d'emplois pour les hôpitaux en déficit, de sortie obligé à J 2 en Hospit A Domicile, pourquoi pas si souhaité mais .....Que toutes les sages femmes s'installent en libérale ! elles couteront moins cher mais après on verra si c'était si nul quand on était pris en charge soins et péridurale etc... Tout le monde n'est pas prêt à assumer durée de l'accouchement, douleur, surtout les soignants possible !! Mais il faut une révolution de la base, un désir de chacun de s'investir et cela demande du gros gros travail. Nous sommes à l'époque de l'autre qui fait pour nous, de la passivité et de la mollesse, d'accord réveillons l'eau qui dort !! BON courage
Comparer l'épisiotomie à l'excision me paraît quand même exagéré, ne fût-ce qu'en ce qui concerne les séquelles à vie. Une épisio est sensée éviter une déchirure qui pourra être plus problématique au niveau de la cicatrisation (et l'accoucheur est tout de même le mieux positionné pour juger de la nécessité ou non de l'intervention). Une excision est une mutilation, point barre.
Réponse
Roxane, j'avais fait une trèèèès longue réponse à ton commentaire mais j'ai eu un soucis informatique et tout s'est effacé. Mais promis, je réponds à ton commentaire dès que possible !
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